Quoique publique et déclarée, sa liaison avec la comtesse de Mailly n'empêchait pas Louis XV de quitter parfois le château sous un déguisement pour arpenter les rues de Versailles ou de Saint-Germain-en-Laye avec ses compagnons habituels et de s'encanailler incognito ; sa cousine Mlle de Charolais était presque toujours de la partie. Ces expéditions nocturnes faisaient frémir son entourage. Ne risquait-il pas d'être reconnu ou, pire encore, d'attraper quelque « galanterie » qui mettrait sa santé en péril ? En février 1738, il dut garder la chambre pendant plusieurs jours. Le Roi ne sachant quel mal le frappait, ou le sachant trop bien mais n'osant pas s'en plaindre, gardait la chambre sous prétexte d'un gros rhume. Mais tout Paris se douta de la vérité. L'avocat Barbier raconte la chose avec cette liberté de ton qui fait le charme de ses chroniques : « Suivant les bruits de la Cour, écrit l'avocat parisien, il ne paraît plus douteux que le roi a eu une chaude-pisse que l'on dit lui avoir été donnée par la fille d'un boucher de Poissy ou de Versailles, que le roi a trouvée fort jolie, et qu'il s'est fait amener par Bachelier, son premier valet de chambre et son maquereau. On dit qu'un garde du corps avait gagné une pareille chaude-pisse de ladite petite bouchère, et que voyant le roi maigrir, sachant d'ailleurs que la petite fille avait rôdé autour des petits appartements, il alla trouver M. le cardinal de Fleury et lui avoua qu'il avait encore la chaude-pisse de la petite créature, et que si le roi l'avait vue, il pourrait bien en avoir autant. C'est ce qui a causé les fréquentes conférences avec M. de La Peyronie, premier chirurgien. Il est guéri, et il prendra, dit-on, le lait au mois de mai. On ne dit point comment Mme de Mailly sera tirée de cette affaire, et si elle en aurait eu sa petit part. » 

Louis XV conserva un souvenir cuisant de cette escapade et jura, mais un peu plus tard, qu'on ne l'y reprendrait plus.