Marie-Catherine de Beauvilliers naquit le 25 avril 1574 au château de la Ferté Imbert, Chantenay-Saint-Imbert (Nièvre). Elle était la fille de Claude de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan et de Marie Babou de La Bourdaisière. Elle était cousine avec la célèbre Gabrielle d'Estrées, favorite de Henri IV, leurs mères étant soeurs.

Elle entre à l’abbaye de Perray près d’Angers à l'âge de sept ans. A la mort de l'abbesse, elle est ramenée à la Bourdaisière où elle est placée sous la tutelle de l'un de ses oncles à la mort de ses parents. Finalement en 1582, elle entre à l’abbaye de Beaumont que dirige sa tante Anne Babou de la Bourdaisière. En 1586, elle est baptisée à l'âge de douze ans par son oncle, le cardinal de la Bourdaisière et prononce ses voeux quatre ans plus tard, le 11 juin 1590.

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Portrait par François Quesnel vers 1585

Vers cette même époque, âgée de seize ans, elle devient la maîtresse de Henri IV. Alors que le roi assiège Paris, il met en batterie sur la butte Montmartre deux pièces d'artilleries et se loge à l'abbaye. C'est là qu'il rencontre Catherine de Beauvilliers. Leur liaison est suivie par les soldats et les nonnes, et lorsque la population parisienne est mise au courant de ces aventures, nomma l'abbaye de Montmartre le « magasin des putains de l'armée ». Grâce à cette aventure, le roi obtient pour elle huit ans plus tard en 1598, l'abbaye de Montmartre devenant ainsi abbesse de Montmartre, après la résignation de sa sœur Claude de Beauvilliers (qui reprend l’abbaye de Pont-aux-Dames). Trois ans plus tard, le 7 janvier 1601, elle est élue abbesse et se consacre à la réforme du monastère pour laquelle elle reçoit l’appui de Benoît de Canfield, du cardinal de Sourdis et de François de Sales. La mort en 1613 de l'une de ses tantes Anne Babou de La Bourdaisière, fait d'elle la nouvelle abbesse de Beaumont les Tours. Elle n'exerce cette charge que pour deux ans.

 

Avec l'âge, l'abbesse de Montmartre devient une femme très pieuse et austère. En 1619, son rigorisme la conduit à enfermer, puis à éloigner de la communauté Marguerite d’Arbouze qui avait été désignée, en 1613, pour fonder le prieuré Notre Dame de Grâce et à qui elle reproche des constructions dispendieuses et des relations trop mondaines. En 1637, elle offre au monastère de la rue Saint Antoine une relique censée remonter au martyre d’un des compagnons de Saint-Denis.

Marie de Beauvilliers exercera la charge d'abbesse de Montmarte pendant cinquante-neuf ans et se retira en 1657 probablement à cause de son âge avancé. Elle décédera dix ans plus tard, le 21 avril 1667 à Paris, juste quatre jours avant son quatre-vingt-treizième anniversaire.