Marie-Josèphe d'Armeval, amour éphemère de Louis XV
Fille naturelle de Joseph-Marie, abbé Terray (1715-1778), secrétaire d'État à la Marine, contrôleur général des finances et de Charlotte Dupuy (1732-ap.1771), Marie Josèphe Chol de Clercy vient au monde en 1759. Elle est officiellement la fille de Claude Chol de Clercy (†ap.1771), prévôt général des maréchaux de France en Lyonnais, Forez et Beaujolais, puisque sa mère est son épouse.
Mme Vigée Lebrun fit son portrait intitulé "Mme d'Amerval" en 1774.
A l'âge de douze ans, le 12 mars 1771, elle fut mariée au vieux Gabriel-François, comte d'Amerval (1725-1792), colonel et Inspecteur général des colonies, gouverneur des villes de Celles et de Geswicle, qui était le frère de Mme de la Garde.
De ce couple, naquit un enfant, Louis Joseph d'Amerval (1776-1828), capitaine d'infanterie. Il émigra et servit dans l'armée de Condé, puis se fixa en Bavière. Il épousa en premières noces, Anne Marie Imhoff von Knoben (1780-1817) dont quatre enfants puis se maria avec Marie Françoise Canel (1780- ?) dont trois enfants.
Quelques mois à peine après leur mariage, le comte d'Amerval et sa soeur Mme de la Garde sont exilés en Lorraine après un scandale financier. La jeune comtesse d'Amerval elle, fut envoyée dans un couvent à Port Royal.
Mme d'Amerval se sépara rapidement de son époux en 1776, après cinq ans de mariage, et alla vivre dans les appartements de Mme de La Garde, à l'hôtel du Contrôle général des Finances. Mme de la Garde (donc soeur de son époux) était alors la nouvelle maitresse de son père naturel, l'abbé Terray.
En 1772, âgée à peine de treize ans, elle devient la petite maîtresse de Louis XV. C'est son père naturel (avec l'approbation de la favorite Mme du Barry) qui la jeta dans les bras du roi. D'après un contemporain : "... c'était une jeune personne, encore enfant, vive, pétulante ; Mme d'Amerval était d'une tournure à plaire à la comtesse du Barry qui lui fit cadeau d'un superbe collier de diamants..." La favorite royale espérait ainsi garder sa place en plaçant ses créatures dans le lit du roi. La faveur de Mme d'Amerval ne dura pas longtemps.
En 1774, elle devient la maitresse de comte de Langeac et tomba enceinte de ses oeuvres trois ans plus tard, en 1777. Elle devait mourir quelques mois après l'accouchement à Passy.
Voici les circonstances de sa mort : "Madame d'Amerval, fille naturelle de l'abbé Terray, est morte à Passy. Comme elle avoit disparu depuis quelque temps, que sa mort avoit été très-prompte, que son séjour à Passy étoit caché, et que l'on avoit été informé qu'elle avoit été menée dans ce village près de Paris par de Langeac , on avoit soupçonné cette femme d'avoir été empoisonnée. En conséquence, et par- iant de la haine qu'on porte à tout ce qui a rapport avec le feu duc de la Vrillière, la justice a fait exhumer et visiter le cadavre ; mais on n'a rien découvert, sinon que madame d'Amerval étoit morte des suites d'une frayeur quelle avoit eue le troisième jour de ses couches, le feu ayant pris dans la chambre qu'elle occu- poit. de Langeac est le père de l'enfant"