Marie-Charlotte Hippolyte de Boufflers, maitresse de Louis-François prince de Conti
Marie-Charlotte Hippolyte de Campet de Saujon est née en 1724. Elle fut baptisée à Saint-Sulpice le 6 septembre 1726. Elle devint une célèbre «
salonnière » et femme de lettres française. Jusqu'en 1789, elle tient un salon brillant, haut lieu de l'anglomanie à Paris. Elle était la fille de Charles-François de Saujon, baron de la Rivière, lieutenant des gardes du corps du roi et de Louise Angélique de Barberin de Reignac. Elle épousa le 15 février 1746 le comte Édouard de Boufflers-Rouverel (1722-1764), capitaine de cavalerie au régiment de Bellefonds. Ce dernier était le fils d’Antoine François Oudent de Bouffleurs, seigneur de Rouverel (1676-1751) et d’Anne Françoise de Wanchep. Le couple eut un fils, Louis Édouard de Boufflers-Rouverel (1746-1794), comte de Boufflers, maréchal de camp. Il épousera Amélie Constance Puchot des Alleurs (1751-1825), fille du comte des Alleurs, ambassadeur de France à Constantinople. Femme brillante, spirituelle et sensuelle, Mme de Boufflers fut célèbre pour sa beauté et son esprit. Elle fut adulée et courtisée. Le comte de Tressan écrira sur elle cette épigramme :
«Quand Boufflers parut à la Cour
On crut voir la reine d'amour
Chacun s'empressait de lui plaire
Et chacun l'avait à son tour. »
Dans les faits, elle ignora largement la cour de Versailles, où elle ne se rend qu'en 1750, à l'occasion de la mort de son beau-père. Elle n’y aurait été présentée officiellement, par son amie la maréchale de Luxembourg, qu'en 1770. Elle n’aura pas d’appartement à Versailles mais partagea peut-être celui de la duchesse de Chartes puis d’Orléans dans l’aile des Princes. Peu après son mariage, elle devient dame de compagnie de Louise Henriette de Bourbon-Conti (1725-1759), duchesse de Chartres puis sa dame d’honneur quand elle devient duchesse d’Orléans. Au Palais-Royal, elle fait la connaissance du frère de cette dernière, Louis François de Bourbon, prince de Conti, dont elle ne tarde pas à devenir la maîtresse. Après une brouille avec la famille d'Orléans, elle vint s'installer dans un petit hôtel particulier dans l’enclos du Temple, près du palais du Grand prieur. Cet hôtel était mis à sa disposition par son amant le prince de Conti alors propriétaire des Lieux. Mme du Deffand la surnommera alors « l'idole du Temple ».
Qui, pour plus de sécurité,
Fit son paradis en ce monde. »