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Les Favorites Royales
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28 juillet 2012

Marie-Françoise de Périgord, impossible passion de Lois XV

Née le 10 août 1727, Marie-Françoise-Marguerite est la fille Louis Jean Charles de Talleyrand-Périgord, prince de Chalais (1677-1757) et de Marie Françoise de Rochechouart de Mortemart (1686-1771). Le 28 octobre 1743, à l’âge de seize ans, Mademoiselle de Chalais est mariée à son cousin Gabriel Marie de Talleyrand-Périgord, comte de Périgord (1726-1797), menin de Monseigneur le Dauphin et maitre de camp du premier régiment de cavalerie de ce prince. Et quatre enfants naitront de cette union.
Le 1er février 1744, a lieu la présentation à la cour de la jeune comtesse de Périgord. Dans ses mémoires le Duc de Luynes note : « Le 1er février 1744 : Madame de Chalais présente aujourd’hui sa fille, qui est mariée depuis peu de jour, et que l’on appelle Madame la comtesse de Périgord. C’est le nom que M. de Talleyrand a fait prendre à son fils, il a fallut pour cela une permission du roi. » Quelques mois plus tard, le 10 décembre 1744, elle devient dame du palais de la reine Marie Leszczynska en remplacement de sa mère qui est devenue trop âgée pour exercer cette fonction (elle avait alors 58 ans). La comtesse de Périgord exercera cette charge pendant 24 ans.

Pendant les bals de la cour, le roi remarqua beaucoup la jeune comtesse de Périgord et souhaita d’en faire sa maitresse. Madame de Périgord était belle comme un ange mais elle ne consentit jamais à jouer le rôle que des amis trop indiscrets voulaient lui faire remplir, et elle aima mieux aller vivre dans l'exil, loin de la cour, que de devenir la maîtresse du Roi. On lit dans les Mémoires de madame Campan : « Les hommes les plus entraînés par les mœurs dissolues, n’en rendent pas moins hommage à la vertu des femmes. Madame la comtesse de Périgord était aussi belle que vertueuse, elle s’aperçut pendant la durée de quelques petits voyages à Choisy, où elle avait été invitée, que Louis XV était fort occupé d’elle. Ses formes d’un glacial respect, le soin d’éviter le moindre entretien suivi avec le monarque, ne parvinrent pas à détruire cette flamme naissante; le roi finit par adresser à la comtesse une lettre des plus passionnées. »

Mme de Périgord n'hésite pas un instant ; elle s’exile volontairement et se retire dans sa terre de Chalais, qu’elle avait près de Barbezieux, et qui depuis près d’un siècle n’avait pas été habitée. Le logement du concierge est le seul qui peut la recevoir ; de là, elle écrit au roi les motifs de son départ et restera plusieurs années dans cette terre sans revenir à Paris. Louis XV se consolera, mais ne tiendra pas rigueur à une des rares femmes de la Cour qui lui eussent résisté.

Quelques années après, la dame d’honneur de Madame vint à mourir ; beaucoup de grandes familles demandèrent sa place ; le roi ne répondit à aucune de ces sollicitations et écrivit à Madame la Comtesse de Périgord : « Mes filles viennent de perdre leur dame d’honneur ; cette place, Madame, vous appartient autant pour vos hautes vertus que pour le nom de votre maison ». La comtesse de Périgord accepta en effet ce poste de confiance et fut ainsi nommée dame d'honneur de Mesdames Victoire et Sophie. Mis à part ce séjour forcé à Chalais, Madame de Périgord et son mari vinrent assez souvent à leur château et plus rarement à Excideuil. La comtesse de Périgord décéda le 22 mai 1775 dans sa 47e année, d'une fièvre inflammatoire.

Veuf, son époux ne se remaria pas et pendant la Révolution, il n’émigra pas, mais fut étroitement surveillé dans sa résidence de Paris, et ses biens placés sous séquestre. En l’an III, à la mort de Gabriel, on fit l’inventaire des biens de Chalais, après qu’il ait été déclaré : « que le “vieux” avait été prévenu d’émigration, mais à tort, car il était très âgé et habitait Paris, et qu’à son décès, lui avait succédé directement son petit-fils mineur ».

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