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26 juillet 2012

Marie Elisabeth de Gramont, maitresse passagère du Grand-Dauphin

Marie Elisabeth de Gramont dite Mademoiselle de Saint-Méac naît 27 décembre 1667. Elle est la Philibert, comte de Gramont (1621-1707) et d’Elizabeth Hamilton (1640-1708). Dès son jeune âge, elle est élevée à l’abbaye de Port-Royal, lieu d’éducation fort mal vu à la cour de France. Arrivée à la cour en 1679, elle fut présentée à Mme de Montespan, curieuse de connaitre l’éducation qu’elle avait reçut dans cet établissement. La demoiselle fit forte impression par ces réparties, sa conduite sage et sa modestie. Mme de Montespan proposa de l’envoyer à l’abbaye de Fontevrault, alors tenu par sa sœur mais en vain. Elle entrera en fait peu après dans le cercle de la cour où elle montrera tout un autre visage. Selon Ezéchiel Spanheim dans sa « relation de la cour de France », elle et sa sœur eurent une « intrigue » avec le Dauphin. Saint Simon qui les fréquenta à la cour, dit d’elles qu’elles étaient « toutes deux de beaucoup d'esprit, fort dangereuses, fort du grand monde, fort galantes… ». Elle dut quitter son poste de fille d’honneur en 1686. En date du 16 novembre 1686, Dangeau note que : « Mademoiselle de Saint-Méac a demandé qu'on lui permit de s'enfermer avec madame de Bourbon ; on lui a permis, et on a fort loué la résolution qu'elle avait prise. » Après cela, nous dit Saint Simon, Marie-Elisabeth de Gramont « se fit chanoinesse et abbesse de Poussay, où elle s'est convertie et a vécu dans une grande pénitence et bien soutenue ». Cette abbaye se situait en Lorraine. Selon les généalogistes, elle serait morte dans cet état religieux en 1706 mais cette date reste sujette à caution. Sa mère en effet ne mourut qu’en 1708, année ou elle écrivait au roi pour passer sa pension de dame du palais sur ces filles encore vivantes.  D’après les mémoires les mémoires de Saint-Simon « [La comtesse de Gramont] écrivit en mourant au roi et à Mme de Maintenon pour leur demander pour elles sa pension du roi. De ces deux lettres, l'une fut dédaignée, l'autre négligée: Tel est le crédit des mourants les plus aimés et les plus distingués durant leur vie. Il n'y eut ni réponse ni pension. » Plus loin en 1717, le mémorialiste parle encore d’elle à la mort de son oncle Richard Hamilton : « En même temps mourut aussi Richard Hamilton. […] Il avait servi avec distinction, et la comtesse de Grammont, sa sœur, l'avait initié dans les compagnies de la cour les plus choisies; mais elles ne lui procurèrent aucune fortune, pas même le moindre abri à la pauvreté. […] Il alla mourir à Poussay chez sa nièce, qui en était abbesse, pauvre elle-même, mais moins pauvre que lui pour ne pas mourir de faim. » Mlle de Gramont mourut probablement après cette date.

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