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Les Favorites Royales
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19 juin 2012

Marie-Charlotte de Balzac d’Entragues

Fille de François d’Entragues (1541-1613), seigneur d'Entragues et de Marie Touchet (1549-1638), dame de Belleville (ancienne maîtresse du défunt roi Charles IX). Marie est née le 1er mai 1588. Elle est portée quatre mois plus tard, le 1er septembre, sur les fonts baptismaux par Charles (1573-1650), duc d'Angoûleme, son frère utérin (fils de Marie Touchet et de Charles IX), et Catherine de Balzac (v.1552-1631), sa tante paternelle. Outre son frère utérin Charles, elle a aussi une sœur aînée, Henriette d’Entragues (qui, comme elle, sera la maîtresse d’Henri IV). Grâce à la position de sa soeur aînée, elle entre à l'âge de douze ans au service de la reine Marie de Médicis (seconde épouse d'Henri IV) en tant que sa demoiselle d'honneur. Elle devient la maîtresse du roi de France, Henri IV, en 1605, alors qu’il a pour favorite en titre sa soeur et leur liaison durera pourtant quatre longues années. Avant même sa relation avec le roi, elle était devenue la maîtresse de François de Bassompierre (l’un des anciens favoris d’Henri IV). De cette aventure, naît un fils, Louis de Bassompierre, en 1610. Très amoureux d'elle, le maréchal de Bassompierre la promit un jour de l'épouser après ses fiançailles ratés avec la jeune fille du connétable de Montmorency (Charlotte-Marguerite de Montmorency). La promesse de mariage était rédigée ainsi : "Nous, François de Bassompierre, promettons et jurons devant Dieu à Marie Charlotte de Balzac, ci-présente, de l'épouser et prendre à femme : en foi de quoi nous avons signé de notre main le 21ème jour de juillet 1610 (Bassompierre) - Nous, Marie Charlotte de Balzac, promettons et jurons devant Dieu à François de Bassompierre, ci-présent, de l'épouser et prendre à mari (Entragues). Mais quelques temps après, Bassompierre rompit sa promesse. Furieuse d'avoir été dupée ainsi, Marie-Charlotte intenta un procès contre son ancien prétendant. Après cinq ans de procès, le 4 septembre 1615 le parlement de Rouen interdisait à Marie d'utiliser le titre de "Bassompierre", elle passa outre... et mourut sous ce titre. Marie Charlotte de Balzac se lança dans la galanterie après s'être installée dans un hôtel de la place Royale. Elle aura pour amant Louis de Phélypaux (1599-1681), seigneur de La Vrillière (d'onze ans son cadet) vers 1621. Les chansonniers de l'époque s'en donnaient à coeur joie :

la Bassompierre par la ville
passe pour la plus habile
d'avoir par ses yeux si beaux
attrapé le jeune Phélypeaux

ou :

dans la place Royale
il y a une cigale
qui chante nuit et jour
dit que la Bassompierre
n'est venue sur la terre
que pour faire l'amour !

A la mort de sa mère Marie Touchet, Marie Charlotte entra en possession des terres et château de Chemault : elle vendit celui-ci le 06 septembre 1644 à Henry de Guénégaud seigneur du Plessis Belleville, secrétaire d'état à la Marine. Voici un extrait de l'acte : "Marie Charlotte de Balzac d'Entragues, dame de Bassompierre, Maréchale de France, baronne de Boissy, Sainction, Eglis, Broux et Bréville, Corfou, de Chémault et autres lieux conjointement avec son fils naturel appelé Louis François de Bassompierre, abbé de St Georges en Normandie, et Chéry en Champagne, devenu vers 1648 évêque de Xaintes et premier aumonier de Philippe de France duc d'Orléans, fait abandon de la terre et seigneurie de Chémault en faveur de Mr de Guénégaud moyennant la somme de 90 000 livres tournois pour les immeubles et 10 000 livres pour meubles meublants et ustensiles dont elle avait gardé d'abord l'usufruit. La mère et le fils demeurent en 1644 à Paris, place Royale, paroisse de St Paul". Henri de Guénégaud revendra le chateau de Chémault en 1648 à Hugues Guétaud, conseiller du roi pour 81 000 livres tournois.

Elle agrandit aussi  la seigneurie de Boissy qu'elle avait héritée de son père qui l'avait acquis en 1584. La seigneurie compte alors une ferme, une métairie, un grand corps d'hôtel, le tout assorti de terres, bois, vignes et prés. Marie-Charlotte entreprend la construction d'une demeure, qui ne sera jamais achevée. Elle fait donation du domaine à l'Hôtel-Dieu de Paris, mais Guillaume de Lamoignon en devient propriétaire en 1659. Revendu à Nicolas de Montauzan en 1681, le domaine érigé en fief prend le nom de fief d'Artois, tiré de celui de Mme de Montauzan, née Louise d'Artois. Ne subsistent aujourd'hui que le logis, deux pavillons et le portail. 

Selon Tallemant des Réaux, Marie Charlotte de Balzac était entourée de serviteurs douteux : deux de ses garde chasses détroussaient les gens. Devenue vieille, Marie Charlotte se fit ermite : elle fit des donations pieuses aux religieuses de Sainte Claire, rue Saint Paul, à Paris. Elle s’éteint en 1664. Elle se faisait appeler "Mme la Maréchale de Bassompierre", alors même qu'elle avait perdu le procès intenté contre son amant, le Maréchal de Bassompierre, qui lui avait signé une promesse de mariage qu'il n'avait jamais eu l'intention de conclure. Son fils mourra en 1676. 

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