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Les Favorites Royales
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12 juin 2011

Diane-Adélaïde de Nesle, duchesse de Lauraguais

Diane-Adélaïde, naît en mars 1714. Elle est la troisième sœur de Louis III de Nesle et d’Armande-Félicitée de La Porte-Mazarin. Diane-Adélaïde est issue par son père de la grande famille Nesle et est l’arrière-arrière-petite nièce de Mazarin, par sa mère, Armande-Félice. Décrite comme laide, grosse et sans séduction mais très intelligente, Diane, connue sous le nom de "Mademoiselle de Montcavrel", est mariée très vite à Louis de Brancas duc de Villars et de Lauraguais (1714-1794), lieutenant général des Armées du roi, fils de Louis Antoine de Brancas, duc de Villars et de Marie Angélique Fremyn, en 1742 par le roi de France, qui désire en faire sa maîtresse.

Le duc de Lauraguais passait pour maladif et alcoolique. Le mariage ne sera pas heureux du tout et l’époux de Diane-Adélaïde, Louis de Brancas, duc de Lauraguais, la trompe ouvertement avec d’autres femmes. Voici d’ailleurs ce que Diane-Adélaïde dira de lui : « Mon mari m’a tellement trompée que je ne suis même pas sûre d’être la mère de mes propres enfants. » De son union avec le duc de Brancas naitra une fille en Décembre 1744 prénommée Marie-Anne en l'honneur de sa tante et qui mourra en 1749.

Diane_Adelaide

Après la mort de la comtesse de Vintimille en septembre 1741, le roi demanda sa venue à la cour pour en faire sa maîtresse. Fort bien en chair et d’esprit hardi, qui se vantait « d’avoir un bijou conservé avec soin chez la duchesse de Lesdiguières, née Duras, qui l’avait éduquée et gardée chez elle ». Affriandé par le dit « bijou », le roi trouva bon de dépouiller Mlle de Montcavrel, et la maria au duc de Lauraguais, pour lors à l’armée qu’il nomma lieutenant général. C’était bien le moins qu’il pût faire !

Après Mme de Mailly et de Mme de Vintimille, le roi s’éprit de la plus vilaine des sœurs de Nesle. « Sa Majesté s’est trouvé assez d’appétit pout tâter cette grosse vilaine de Lauraguais », note méchamment d’Argenson. Le fait est qu’avec sa taille de dragon et ses chairs débordantes elle n’incite guère au libertinage. A moins que, par une perversion plus commune qu’on ne croit, sa laideur, comme celle de ses sœurs ou les sueurs fétides de Mme de Vintimille, ne servît d’excitant à la lubricité du souverain. Il semble que Louis XV ait pris Mme de Lauraguais pour maitresse pour se sentir supérieur ou pour tirer son pouvoir de la faiblesse ou de la laideur de la troisième sœur de Nesle. C’était aussi moyen de se rassurer, comme ses amours quasi incestueuses avec les quatre sœurs de Nesle, qui lui procurent à peu près le même sentiment de bien-être et de sécurité qu’un repas de famille.

Diane-Adélaïde avait beaucoup d’entrain, les courtisans l’appelaient « la grosse réjouie » et bien qu’elle fut laide et « craquante de graisse ». Elle devint la maitresse du roi, au moment où celui-ci reprenait sa soeur aînée. A cette époque, M. de Marville, lieutenant de police, informa le roi de ces vers circulant à Paris :

L’une est presqu’en oubli,

L’autre presque en poussière,

La troisième est en pied,

La quatrième attend pour faire place à la dernière,

Choisir une famille entière, est-ce être infidèle ou constant ?

Mais que dire lorsque les ébats se déroulent à trois, comme ce fut le cas avec Mme de Mailly et Mme de Vintimille ! La chose fit scandale, en son temps. Ce n’était pourtant qu’un aveu maladroit d’impuissance, un gage pathétique d’infantilisme, une manière de donner le change et de se le donner à soi-même. Selon la chronique de ses voluptés secrètes, il eût aimé renouveler l’exploit avec Mme de Lauraguais, et coucher entre les deux sœurs, dont le corps comme l’esprit offraient un saisissant contraste. La duchesse avait la gorge généreuse, la taille épaisse, les fesses rebondies, bref, un embonpoint moelleux, propice aux attouchements. Si la nuit elle faisait éprouver au roi des plaisirs que ne pouvait lui procurer Mme de Mailly, efflanquée, osseuse et sans grâce, celle-ci reprenait tous ses droits dans la journée. Mais le monarque se dégoûta bientôt d’une jouissance purement matérielle et mit rapidement fin au règne de Mme de Lauraguais. Si elle avait un moment excité ses sens, elle n’occupa jamais son cœur ni son esprit.

Même si elle fut la maîtresse de Louis XV pour une courtée durée, en revanche, elle sera l’amie des maîtresses qui se succéderont dans le lit du roi (telles que sa sœur, la duchesse de Châteauroux et la marquise de Pompadour). Après la mort de sa sœur, la duchesse de Châteauroux, c'est elle qui exercera la position de "favorite subalterne" jusqu'à l'avènement de Mme d'Etiolles (anoblie marquise de Pompadour) comme maitresse-en-titre en 1745. En raison de sa haute naissance, la duchesse de Lauraguais sera la dame pour accompagner puis dame d'atours de Marie-Thérèse Raphaëlle de Bourbon-Espagne, première épouse du Dauphin Louis-Ferdinand de France par le brevet du 1er Février 1743. Puis à la mort de celle-ci, elle continua d'exercer sa charge pour la deuxième Dauphine jusqu'à sa mort en 1767.

Congédiée par le roi, Diane de Lauraguais restera à la cour et sera pendant très longtemps la maitresse du duc de Richelieu. Celui-ci sachant le reste d'influence qu'elle peut avoir sur le roi, l'utilisera pour ses intrigues comme sa nomination au commandement de l'expédition de Minorque. Le maréchal duc de Richelieu en dit dans ses mémoires : "Madame de Lauraguais était de son naturel vive, gaie, enjouée, fertile en bons mots, et tenait beaucoup du caractère de madame de Nesle, sa mère. Le roi, qui l'agaçait autant qu'il en était agacé lui-même, fit un jour son portrait en quatre paroles, en présence de madame de La Tournelle. Je viens de Paris, leur dit-il fort sérieusement, et j'ai vu la rue de madame de Lauraguais. C'était la rue des Mauvaises-Paroles. Le propos ne pouvait être mieux appliqué. Madame de Lauraguais, assise sur son fauteuil avec sa sœur La Tournelle, occupées l'une et l'autre à se réjouir aux dépens de tout le monde, sans être méchantes, riaient de tous les événements et ne manquaient le ridicule d'aucune dame ni d'aucun seigneur de Choisy" Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, duchesse de Lauraguais meurt le 30 novembre 1769 à Paris, dans sa cinquante-cinquième année. Elle est inhumée le jour suivant à Saint-Sulpice.

Cette biographie a été rédigée en collaboration avec le site Histoire-et-Secrets.com

 

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