Denuelle

Éléonore Louise Catherine Denuelle de la Plaigne née le 13 semptembre 1787, est la fille de Françoise-Charlotte-Eléonore Couprie (1767-1850) et de Dominique Denuelle de La Plaigne (1749-1821). Son père est un bourgeois parisien, titulaire de plusieurs charges royales, qu’il perd lors de la Révolution.

Fille de bonne famille, elle est admise au pensionnat de Madame Campan, où elle fait la connaissance des sœurs de Napoléon. D'une grande beauté, Éléonore était grande, svelte, bien faite, brune avec de grands yeux noirs, vive et fort coquette.

A 17 ans, le 15 janvier 1805, elle épouse Jean-Honoré-François Revel, soi-disant officier de dragons. Deux mois plus tard, le jeune mari se révèle n’être qu’un aventurier et un escroc. Arrêté, il est condamné à deux ans de prison.

Éléonore fait alors appel à l’amitié de Caroline Bonaparte, devenue princesse Murat et altesse impériale. Celle-ci la prend à son service comme lectrice. Très vite, Éléonore devient la maîtresse du mari de sa bienfaitrice, puis, sur la recommandation de ce dernier, de l'Empereur en personne.

Le 19 décembre 1806, sept mois et demi après le prononcé de son divorce, Éléonore met au monde un fils, Charles Léon. Le père en est Napoléon, qui est informé de l’événement le 30 décembre 1806, à Pułtusk. Éléonore ne reverra pourtant jamais le père de son enfant. Lorsqu’elle se présentera au château de Fontainebleau, l’année suivante, l'Empereur refusera de la recevoir.

La jeune mère est cependant pourvue d’une rente annuelle confortable et d’un mari honorable en la personne d’un jeune lieutenant au 15ème régiment d'infanterie de ligne, Pierre-Philippe Augier de la Sauzaye. Le mariage, richement doté, a lieu le 4 février 1808, à la mairie du 10ème arrondissement.

Moins de cinq ans plus tard, après la mort de son conjoint, disparu au passage de la Bérézina, Éléonore s’installe à Mannheim. La grand-duchesse de

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Bade, Stéphanie de Beauharnais, une autre ancienne condisciple du pensionnat de Madame Campan, l’y a invitée.

Éléonore rencontre en Allemagne son troisième époux, le comte Charles-Auguste-Émile-Louis de Luxbourg, avec qui elle s’unit le 23 mai 1814. Malgré les efforts de son premier mari, réapparu à la fin de la même année et qui essaie de faire annuler leur divorce, Éléonore connaîtra cette fois une union durable, qui ne prendra fin que trente-cinq ans plus tard, à la mort du comte, le 1er septembre 1849. Entre temps, le couple aura partagé sa vie entre Paris et Mannheim.

Lorsqu’elle devient veuve pour la seconde fois, il reste encore à Éléonore près de vingt années à vivre. Elle meurt à Paris, dans son appartement du boulevard Malesherbes, le 30 janvier 1868, et se fait enterrer, dans la 41ème division du Cimetière du Père-Lachaise, avec au cou la chaîne et la médaille pieuse que lui avait offertes Napoléon.

Source : Éléonore Denuelle de La Plaigne