Vénérande: 

Les historiens la qualifient de première femme ou de « concubine »  du roi franc de Burgondie, Gontran Ier. Elle était d’origine gauloise ; sa famille, qui comptait des sénateurs et un évêque, était réduite à l’état des lites. Marcatrude, fille de Magnachaire, plut à son tour au roi sans que celui-ci eût prononcé la répudiation de sa première femme. Epouse délaissée, Vénérande essuyait dans son palais les hauteurs d’une rivale qui lui reprochait la bassesse de sa naissance. Elle avait donné au roi un fils Gondebaud ou Gombaud (v.561-v.566) qui mourut empoisonné par Marcatrude, alors épouse de Gontran. Après, on perd toute trace d'elle.

Marcatrude:

Fille de Magnachaire, duc des « Francs dits Transjurans », elle devient vers 565 la seconde épouse du roi franc de Burgondie Gontran Ier. Elle lui aurait donné aussi un fils mais qui mourut peu après celui de Vénérande et son mari la répudie en 566. Elle mourut vers la même époque. Les frères de Marcatrude ne peuvent supporter cet outrage fait à leur sœur. Ils proférent beaucoup d'imprécations et de malédictions contre Austregilde et annoncent que ses enfants ne pourront pas régner étant fils de serve, affirmation qui est pourtant contraire aux lois franques. En 577, le roi Gontran, d’un caractère violent, les poignarde de sa propre main.

Austregilde:

Née vers 548, elle était peut-être une servante de la reine Marcatrude (deuxième femme de Gontran). Après la répudiation de celle-ci (566), elle devient la troisième femme du roi Gontran dont elle a au moins quatre enfants, dont deux fils et une fille morts jeunes:

  • Clotaire (v.567-577). Mort de la peste.
  • Clodomir (v. 569-577). Mort de la peste.
  • Clotilde (v.573-v.600). Célibataire.
  • Clodeberge (v.575-av.1584).

Austregilde mourut jeune en 1580, et son amour obtint du roi un acte de cruauté qu’on ne peut lire sans horreur. Malade, et mourant à trente ans sans qu’aucun remède ait pu triompher de ses douleurs, elle appela Gontran auprès de son lit : « Je me meurs, lui dit-elle, mais ce sont les breuvages de mes médecins qui causent ma mort. Jurez-moi que vous les ferez égorger tous deux. S’il faut que je meure, ils seront punis pour m’avoir fait périr. Leurs enfants et leurs amis pleureront leur mort, comme vous pleurerez la mienne. » Gontran exauça cette prière impie ; il fit égorger les médecins et les fit inhumer dans un caveau proche de celui de sa femme.

Théodechilde : 

Mariée à Austregilde, Gontran ne s'empêche pas de convoiter Théodechilde, veuve de son frère Caribert en 567 et cherchant une protection auprès de Gontran, qui avait Orléans pour partage. Elle pensa que les richesses qu’elle avait reçues en don du matin pourraient le tenter, et elle les lui offrit à condition qu’il l’épouserait. Théodechilde part pleine d’espoir ; mais Gontran à la vue de ses trésors songe à s'en emparer et à répudier la femme de son frère défunt. Théodechilde était fille d’un gardien de troupeaux. Tandis que, tremblante et indignée, elle écoutait les paroles du roi, elle se vit dépouillée des trésors qu’elle venait de livrer elle-même. Gontran ne lui en laissa qu’une très petite partie et l’envoya au monastère d’Arles.

L’infortunée reine ne put soutenir la pensée de vivre reléguée dans un couvent ; elle intrigua pour chercher des défenseurs et parvint, avec des peines inouïes, à mettre dans ses intérêts un seigneur visigoth, à qui elle promit, s’il la délivrait, de lui donner le peu qui lui restait de biens. La vigilance de l’abbesse fit échouer ce projet : on surprit Théodechilde à l’heure où elle espérait fuir ; on usa envers cette femme malheureuse, que la sévérité du cloître effrayait et qui ne voulait pas s’astreindre à la régularité monastique, d’une rigueur que Grégoire de Tours exprime en ces termes : « On la mit dans une prison, on la fustigea, et elle demeura jusqu’à sa mort dans des souffrances non petites ».

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