Fille unique du marquis Joseph Brignole et de la marquise Anna Balbi, Marie-Catherine appartient à l'une des plus puissantes familles riches d'Italie. Sa famille compte quatre doges, parmi lesquelles figurent deux de ses oncles. La jeune Marie-Catherine passe sa jeunesse à Gênes dans le palais familial, avant de suivre ses parents à la cour de France. D'une grande beauté, l'historien, le comte de Ségur, dira d'elle qu'elle était alors « la plus belle femme de France ».

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Le marquis de Brignole-Sale finit par obtenir la charge d'ambassadeur de la République de Gênes en France et y emmène son épouse et sa fille. C'est ainsi que le marquis et sa femme fréquentent la cour de Versailles. Plus tard, en 1755, âgée de 18 ans, Marie-Catherine sera présentée au roi et à la cour. Elle y fait sensation et trouvent de prétendants en les personnes du prince de Monaco et du jeune Louis Joseph de Bourbon, futur prince de Condé. C'est vers cette époque, que la marquise de Brignole-Sale devient la maîtresse du prince Honoré III de Monaco. À Paris, Marie-Catherine et sa mère fréquentent assidûment les cercles philosophiques de Madame Geoffrin et de Madame du Deffand. Parlant et écrivant le français à la perfection, femmes d'une grande beauté, la mère et la fille jouissent d'un grand prestige à la Cour et dans les salons philosophiques.

C'est alors que l'amant de sa mère, Honoré III, de 17 ans son aîné, entreprend de lui faire sa cour afin de l'épouser. Ce prince, volage et antipathique, célibataire endurci, qui a déjà refusé plusieurs demandes en mariage des plus prestigieuses, est séduit par la suite de la grande beauté de la jeune femme et veut l'épouser et se retrouvé secondé par sa maîtresse qui n'est autre que la mère de Catherine mais c'est sans compter sur le marquis de Brignole-Sale. En effet, le prince de Monaco est non seulement l'amant de sa femme, mais aussi il a la réputation d'être dépensier et peu ruinet la dot de la jeune Marie-Catherine réputée être l'une des plus grandes fortunes d'Europe. Mais la marquise de Brignole-Sale, et soutenue par Mme de Pompadour ainsi que le roi Louis XV, continue de mettre la pression à son époux qui finit par accepter. Maria Caterina épouse le 5 juillet 1757 l'ancien amant de sa mère, le prince Honoré III de Monaco, à qui elle apporte une dot colossale. En épousant le souverain d'une principauté indépendante, Maria Caterina se hisse au sommet des honneurs et du prestige.

La mariée doit arriver par la mer accompagnée des plus grands seigneurs de Gênes. Arrivés devant le rocher, les navires, salués par les canons et les tirs de la garde du prince, jeent l'ancre et de longues minutes s'écoulent sans que rien ne se produit. Enfin, on envoie à Honoré un messager lui demandant de bien vouloir venir chercher sa promise à bord du navire. Honoré, outré, répond qu'un prince souverain n'a pas à se déplacer mais que c'est plutôt à Maria de débarquer et de venir à lui. Quand la réponse est communiquée aux Génois, ces fiers républicains rétorquèrent que Maria appartenait à la première famille de la République et que ce n'est pas à la descendante de nombreux doges de se déplacer. La situation est bloquée et la mer se leva. Toutes les grandes dames génoises souffrirent le martyr jusqu'à ce que, après plusieurs jours, on trouve enfin un arrangement. On construisit un pont sur l'eau entre le port et le bateau de Maria Caterina. Ainsi les deux fiancés s'avancèrent l'un vers l'autre de la même distance et la rencontre se fit sur la mer.

Le couple aura deux fils :

  • Honoré IV de Monaco (1758-1819)
  • Joseph de Monaco (1767-1816).

Au début, le ménage est heureux. Le couple réside à Matignon. Au début, le ménage est heureux. Le couple réside à Matignon. Marie-Catherine qui se rend peu à la cour, se lie d'amitié avec le prince de Condé au grand dam de son époux qui en conçoit une terrible jalousie. Il exige de son épouse qu'elle rédige chaque jour ses carnets de pensées où elle doit écrire tous les jours ce qui lui traverse l'esprit et la fait même surveiller et finira par la délaisser pour d'autres femmes.

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L'hôtel de Matignon

Marie finit par se lasser de tout ça et finit par un jour s'enfuir et rentre dans un couvent. Elle en est sortie par les suppliques de sa belle-sœur. Mais en 1770, elle apprend qu'Honoré projette de l'enfermer à Monaco et ne souhaitant pas terminer son existence dans l'atmosphère somme toute provinciale de Gênes où elle aurait pu se réfugier, la princesse se refugie dans un autre couvent, non loin du Mans, dont l'évêque est un Grimaldi. Honoré III en appelle à la médiation du parlement de Paris mais c'est trop tard puisque Louis XV conseillé par Maupeou abolit les parlements. Quand Louis XVI les rétablit en 1774, la princesse vit déjà avec le prince de Condé qui est veuf. Honoré a de son côté de nombreuses maîtresses et la Séparation de corps avait été officiellement prononcée le 9 janvier 1771. A la cour, Marie brille par sa beauté et par son esprit si bien que dès 1771, Hardy parle de négociations pour la donner au Roi ce qui ne plut pas sans doute la maîtresse-en-titre d’alors, la comtesse du Barry.

Après sa séparation, Maria Caterina écrira qu'Honoré, par ce mariage, satisfaisait ses trois principaux vices : « l'avarice », en récupérant une dot fabuleuse, « la galanterie », en épousant l'une des plus jolies personnes de son temps et « la jalousie », car en épousant une Génoise, sa voisine, il tenait son épouse à sa merci alors qu'une Française aurait pu trouver des appuis à Versailles.

Tout de suite après sa séparation d'avec son époux, Maria Caterina s'en va vivre avec le prince de Condé, qui sera l'amour de sa vie.

Aussitôt après avoir quitté l'hôtel de Matignon, qu'elle veut se faire construire un autre qui saura rivaliser avec son ancienne demeure. À l'extrémité de la rue Saint-Dominique un hôtel destiné égaler l'hôtel de Matignon. Le projet est confié à Alexandre-Théodore Brogniart. La construction est achevée en 1777. Brongniart abandonne le plan classique de l'hôtel particulier parisien pour édifier un palais de plan rectangulaire entre cour et jardin. Le logis, double en profondeur, ménage une double enfilade de pièces de réception. La façade sur la cour est animée en son centre par une rotonde et ornée d'un ordre toscan tandis qu'un ordre ionique colossal décorait la façade sur jardin.

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Buste de Maria-Caterina de Brignole-Sale

Veuve depuis 1795, Maria Caterina Brignole peut se remarier enfin le 24 octobre 1798 avec le prince de Condé avec qui elle vit depuis plusieurs années et chef des émigrés et de l'Armée de Condé. Riche, elle vit bourgeoisement avec son époux en Angleterre, dépensant sa formidable fortune à financer les armées des émigrés. Le couple s'aimait tendrement et vivait déjà ensemble depuis de très nombreuses années alors que Maria Caterina était toujours l'épouse du prince de Monaco. Contrairement à la précédente, cette union est un mariage d'amour. Maria-Caterina de Brignole-Sale, princesse de Monaco et de Condé s'éteint le 18 mars 1813 à Wimbledon. Son enterrement est financé par la famille royale britannique.