mmeboudrey

Marie Geneviève Radix de Sainte-Foy  née en 1729, est la fille de Claude Mathieu Radix, seigneur de Chevillon († ap. 1737) et de Marie Elizabeth Geneviève Denis. Elle épouse vers 1750, à l’âge de 21 ans, Jean François Boudrey (1701-1760), 1er commis des Finances. « Mme Boudrey, femme d’un commis des finances était  une personne d’une rare beauté… la plus belle femme de son temps” », dira d’elle d’Argenson. C’est vers cette époque qu’elle se fait remarquer par le roi Louis XV qui en fait sa maitresse. Elle parvient aussi à séduire le fils de ce dernier, Louis-Ferdinand de Bourbon qui ne résiste pas à ses charmes. Voilà ce qu’en dit d’Argenson : « Le peintre Nattier fit son portrait exposé au salon de 1753. Le roi et le Dauphin, son fils, l’avaient convoité à la même heure : le jour où Mme Boudrey donnait rendez vous à Louis XV, elle reçut une lettre du Dauphin qui lui demandait une entrevue. Elle remit la lettre à son mari et le chargea d’y répondre. Boudrey fit les excuses que l’on peut juger et depuis ce temps là, il a eu pour sa femme la vénération que l’on peut juger aussi. Cependant elle alla au rendez vous avec le Roi comme capable de la mieux payer… ». D’Argenson prétend « qu’elle en fut pour ses frais »... D'après toujours le même auteur "Le dauphin est bigot, mais la nature est bien forte et il a grand tempérament… Le piquant, c'est que le père et le fils sont parfois en même temps rivaux et font voile pour Cythère sur la même embarcation..." Marie-Josèphe de Saxe, fâchée du comportement de son époux, écrit : « Il y a longtemps que je suis informée de la mauvaise conduite du Dauphin, et des visites matinales qu’il reçoit. Cela est scandaleux, et j’en suis tout à fait inquiète. Je ne l’en recevrai pas plus mal demain car il faut dissimuler. » Bien que trompée, la dauphine ne fait pas de reproches à son époux car les apparences sont sauves : le dauphin n’affiche pas de maîtresse officielle. Ses petites maîtresses ne sont que des passades amoureuses et Marie-Josèphe n’est pas humiliée par ces femmes comme peut l’être Marie Leszczynska par les favorites du roi. Les amourettes de Louis-Ferdinand n’entachent en rien l’amitié qu’il a pour son épouse. D’ailleurs, si l’héritier du trône éprouve le besoin d’avoir des petites maîtresses, c’est en raison des nombreuses grossesses de la dauphine, durant lesquelles le dauphin doit s’abstenir. 

Son premier époux, Jean François Boudrey, 1ercommis des Finances meurt en 1760, elle épouse le 14 janvier 1761 le seigneur de Briges, Nicolas Augustin de Malbec de

mmeboudrey2

Montjoc. Le Mercure de France relate son second mariage : « Le 14 janvier 1761 le roi et la reine signent le contrat de mariage du sieur de Bridge, écuyer ordinaire du roi commandant la grande écurie sous les ordres du comte de Brionne, capitaine du haras de sa Majesté, avec dame Radix de Sainte-Foi, veuve du sieur Boudrey, 1er commis des Finances ». Si Mme Boudrey fut l'une des petites maitresses de Louis XV, deux hommes qui lui furent proches furent chacun l'amant de l'une des favorites officielles du roi : En effet, son deuxième mari fut l'amant de Mme d'Etiolles née Jeanne-Antoinette Poisson (avant que celle-ci ne devienne la future Pompadour) et l'un de ses frères, Pierre Claude Maximilien Radix de Sainte-Foi, trésorier de la Marine, a été, lui, l'amant et le protecteur de Jeanne Bécu de Cantigny, future comtesse du Barry dans sa jeunesse tumultueuse (avant que celle-ci n'épouse Du Barry). Le roi disait d'ailleurs en parlant de Sainte-Foy et de la Du Barry : "je sais bien que je succède à Sainte-Foy".  De son second mariage avec le marquis de Briges, elle eut un fils, né le 3 septembre 1761. Christophe-Joseph de Malbec de Montjoc de Briges, comte de Briges, fait carrière au sein des armées, d’abord au régiment de Noailles, avant d’intégrer le régiment de Flandres. Lui aussi proche de la famille royale, il demeure fidèle en 1792 à Louis XVI, en participant à l’expédition stoppée à Varennes. Il est interné quelques mois à Châlons, avant de fuir le pays, au mois de septembre de la même année. Il entre au Royal-Louis et débarqua à Quiberon où il se fait arrêter en ayant assurance de garder la vie sauve. Pourtant, il est jugé par une commission militaire à Vannes, et fusillé, le 3 août 1795. Il avait épousé en mars 1780 Charlotte-Jacqueline-Rose d’Osmond, qui lui donna trois enfants, qui n’eurent pas de descendance. Sa femme, qui l’accompagne en émigration, décède le 28 août 1793. Après avoir survécu à la Révolution, Marie-Géneviève Radix de Saint-Foix, marquise de Briges décéda après 1809, à plus de 80 ans.