Issue d’une honnête famille de Rouen, Marie-Louise Madeleine Victoire Le Bel de La Boissière dite Mademoiselle de Séry née vers 1684. Elle est la fille de Daniel Le Bel, seigneur de La Boissière et maréchal de camp et de son épouse Marie-Anne Masparault. Elle devient très jeune demoiselle d’honneur de la Princesse Palatine dite Madame, belle sœur du roi de France Louis XIV par l’entremise de la duchesse de Ventadour dont elle était parente. Elle quitterq cette charge en 1702 date à laquelle Madame décide de se séparer de ses filles d'honneur. Melle de Séry reçut en compensation 2 500 livres de pension. D’après La Mothe, un jésuite de Rouen (d’où elle est originaire), Sa beauté n'était pas parfaite, mais elle avait beaucoup d'agréments, un air vif et modeste, un esprit doux, une vraie tendresse pour son amant ; elle n'aima que lui et l'aima ardemment. Elle fut, avec Françoise Loube dite la pauvre Loube, avec Mademoiselle de Grammont, avec ces trois ou quatre autres jeunes filles de qualité qui s'épanouissaient comme « un bouquet de roses autour de l'épineuse Madame, de ces chasses, de ces promenades sur l’eau à la lueur des fusées, de ces retours aux flambeaux, de ces cortèges triomphants ondoyant sous les majestueuses avenues, de ces festins, de ces concerts , de ces ballets olympiens, de cet automne brillant du règne, pareil à un second printemps, qu'inaugure la sémillante duchesse de Bourgogne, et que termine comme un brusque hiver madame de Maintenon. » Néanmoins d’une beauté remarquable, Mlle de Séry parvient à se faire remarquer par le duc d’Orléans qui tombe vite sous son charme. Le prince tombe amoureux de ce tendron âgée de moins de 20 ans et cette passion semble être sérieuse. Il faut le dire, Mlle de Séry est l’une des plus gracieuses demoiselles d’honneur de Madame. Saint-Simon continue de nous dire que c’était « une jeune fille de condition, sans aucun bien, jolie, piquante, d'un air vif, mutin, capricieux et plaisant. Cet air ne tenait que trop ce qu'il promettait. » Le duc d’Orléans semble épris de sa nouvelle conquête qu’il en est sincèrement amoureux. De son côté, Mlle de Séry aime d’un amour désintéressé le prince et incarne le temps de la jeunesse, des insouciances. De ce fait, elle est souvent comparée à La Vallière, qui fut aussi la maitresse de la période de jeunesse de Louis XIV. La passion que le duc d’Orléans  éprouve pour la jeune femme fait de lui, un homme « discret », « constant » et « poète ».
En l’hommage de sa bien-aimée, le Duc rime ainsi :
Tircis me disoit un jour :
Je ne connoîtrois pas l'amour,
Sans vous, Philis, je vous le jure,
Sans vous, Philis,
Quand on a dépeint la beauté,
On n'a jamais représenté
Que vous, Philis.
Je ne demande aucun emploi
Je ne voudrois point être roi
Sans vous, Philis, etc.
D’autres vers succèdent à celui-ci où le duc d’Orléans témoigne de l’amour qu’il a pour Mlle de Séry. De leur liaison, naitront deux enfants dont le premier fut une fausse-couche et le second, Jean-Philippe, seul qui fut légitimé. Par un scrupule qui témoigne chez son père d'un bon sens supérieur à ses passions, le bâtard d'Orléans ne sera pas marié. Voué à un prévoyant célibat, il entrera dans l'Ordre de Malte, deviendra grand prieur de France, abbé d'Hauvillers, grand d'Espagne, et général des galères de France. Né en 1702, il mourra en 1748. C'est sur lui que le Régent accumula toute l’affection dont il pouvait disposer pour ses enfants illégitimes. Il l'eut si bien, qu'il n'en resta guère aux autres. Le chevalier d’Orléans héritera des vices de son père et aura de nombreuses aventures sa vie durant, ayant aussi des enfants illégitimes comme Amable-Angélique de Villars (1723-1771), qu’il aura eue d’Amable-Gabrielle de Noailles. Il ne se retournera vers la religion que deux ans avant sa mort. 
La naissance en 1702 du petit Jean-Philippe augmente le crédit de Mlle de Séry et sa position est mieux que jamais établie au Palais-Royal. Elle y dispose de beaucoup de choses, se fait un petit cercle d’amis qui comptent, parmi eux, la duchesse de Ventadour, sa parente. Le duc d’Orléans toujours épris de sa dulcinée, lui fait don de la terre d’Argenton et la fit comtesse. Mlle de Séry est pour être ainsi, appelée comtesse ou Madame ce qui est encore une marque de faveur de la part de son amant. En 1706, le pouvoir de la comtesse d’Argenton semble à son zénith. Mais c’est à partir de ce moment-là que les premiers signes de la disgrâce vont apparaitre. Durant cette année-là, quand le Duc part en campagne en Italie, il semble lassé de cet amour trop uni comme un grand chemin, sans aventures, presque comme un mariage, de cet assujettissement qu’avait causé cette grande passion,… Le Duc a envie de voir ailleurs, de prendre d’autres maitresses. Bref, il est rassasié de sa favorite en titre. De son côté, Mme d’Argenton savoure ce bonheur et rien n’a changé de ses manières et ce, malgré l’expérience : elle reste avant tout une fille innocente, ingénue et délicate dans tout ce qu’elle fait ; en un peu de mots, elle est encore une oie blanche.
Durant cette campagne d’Italie, le duc d’Orléans montre sa bravoure et son courage qu’il acquiert une certaine popularité. Louis XIV et Mme de Maintenon se résolvent enfin à lui retirer toute charge importante. Mme d’Argenton aura encore le temps de trôner dans une fête brillante donnée par son amant à l’Electeur de Bavière lors de la visite de ce dernier à Paris fin 1709 avant d’être disgraciée. En fait lassé par sa maitresse, forcé par le roi et Mme de Maintenon et poussé par son ami Saint-Simon, le duc d’Orléans finira par délaisser pour revenir vers la Desmares. Néanmoins, si elle est disgraciée, la comtesse se voit gratifiée par son ancien amant une rente annuelle de 45000 livres dont presque tout le fond appartient au fils qu’il a eu d’elle. Elle garde aussi 400000 livres de bijoux, d’argenterie et de meubles et le Duc se charge de payer toutes ses dettes afin d’être épargnée de ses créanciers. Malgré tous les bienfaits dont la comble le duc d’Orléans, Mme d’Argenton tombe dans le désespoir le plus total et devenue plus traitable, se résout pendant un temps à se retirer dans un couvent demanda à se retirer pour les premiers temps dans l'abbaye de Gomerfontaine, en Picardie, où elle avait été élevée et y a une sœur religieuse. Elle finit par se retirer de Paris pour Pont-Sainte-Maxence où vit son père tout en laissant son fils au Palais-Royal. Cette retraite afflige ses amies qui sont irritées par son départ. 
Après bien de mésaventures, la comtesse finit par reprendre goût à la vie et tombe de nouveau amoureuse. Son deuxième amant est Charles-Rodrigue Gonzague de Forbier, chevalier d’Oppède, fils du premier président de Grenoble. La comtesse d’Argenton l’aimera jusqu’à sa mort qui survient en 1717. Bien que Mme d’Argenton ait aimé ce bel homme, en revanche, ce n’est pas réciproque et le chevalier ne l’a épousée que pour son argent. D’ailleurs, il ne se gêne pas de la maltraiter en public et de la battre quand bon lui semble. Après la mort du Chevalier, la comtesse s’efface totalement du monde. Elle mourut le 4 mars 1748, neuf jours avant son fils.

 

Sources : LES MAITRESSES DU RÉGENT de M. Lescure