marquisedeflavacourtHortense-Félicité, naît le 11 Février 1715. Elle est la quatrième et avant-dernière enfant de Louis III de Nesle et d’Armande-Félicitée de La Porte-Mazarin. Jeune encore, elle perd sa mère, Armande-Félice, en 1729, alors qu’elle n’a que quatorze ans. Elle est connue avant son mariage sous le nom de "Mademoiselle de Chalon". Après la mort de sa mère, Hortense est accueillie avec sa sœur cadette, Marie-Anne, par l’une de leurs tantes maternelles, Madame de Mazarin, qui se charge ensuite de les élever comme il faut. Le 21 Janvier 1739, sous l'instigation de sa tante, la belle Hortense est mariée à François-Marie de Fouilleuse, marquis de Flavacourt (1708-1763), maréchal de camp. Le marié possédait 26 000 livres de rente tandis que sa mère Marie-Marguerite Rouxel de Médavy, possédait 22 000. Quatre jours après, elle et sa soeur cadette sont présentées à la Cour. Le duc de Luynes relate : « Mesdames de Flavacourt et de la Tournelle ont été présentées le même jour (25 janvier 1739), l’une mariée et l'autre fille, madame de la Tournelle fut présentée dans le Cabinet du Roi, et le Roi la salua; madame de Flavacourt, alors mademoiselle de Mailly, fut présentée chez la Reine, (l’usage étant qu'on ne présente les filles au Roi que dans l’appartement de la Reine) ; le Roi ne la salua pas, ce n'est pas l'usage, lorsque le Roy y vint un moment. » De son union avec le marquis de Flavacourt naitront deux enfants : un fils, Auguste-Frédéric, né fin 1739 et décédé en 1762, et une fille prénommée Adélaïde née en 1742 et décédée en 1759, et qui épousera à l'âge de 13 ans en 1755, le marquis d'Etampes.

Après la mort de leur tante survenue en Septembre 1742, les deux jeunes marquises se verront chassées de l'hôtel par la comtesse de Maurepas - femme du ministre - qui est la fille et l'héritière de Madame de Mazarin. Elle sera invitée avec sa sœur cadette Marie-Anne par leur sœur aînée, Louise de Mailly-Nesle à la cour, après la disgrâce de Diane-Adélaïde, duchesse de Lauraguais (une autre de ses sœurs). Louise de Mailly (dont la bonté naturelle aveuglait et dont des cruelles leçons auraient cependant dû rendre défiante) espère ainsi présenter toute sa famille à la cour. Mme de Mailly prête à Mme de Flavacourt son appartement dans l'aile neuve tandis que Mme de La Tournelle est logée dans l'appartement de l'évêque de Rennes, près de la cour des Princes.

La marquise de Flavacourt était dépeinte sous les traits d’une beauté tendre, ingénue, qui lui valut le sobriquet de « La Poule ». Sa conduite répondait d’ailleurs à sa figure, et ne donnait nulle prise à la médisance. D’une grande beauté, la marquise de Flavacourt est remarquée par le roi qui, séduit, commence à lui faire des yeux doux. Hortense résista à ses assiduités et évita son lit bien que ce dernier voulut en faire sa maîtresse après le départ de Mme de Lauraguais. 

Louis XV se heurta aussi à l’époux d’Hortense, le marquis de Flavacourt. Celui-ci, fort amoureux de sa femme et donc très jaloux, menaça cette dernière de la tuer si elle devenait « si elle s’avisait d’être aussi putain que ses sœurs ». Devant les exigences de la dame et du mari, le roi cesse tout commerce avec Mme de Flavacourt. En représailles, sa sœur Mme de Châteauroux obtient qu’elle soit exclue des petits appartements, des voyages de Choisy et de La Muette. On peut peut-être également attribuer ce refus à la piété et la vertu de Mme de Flavacourt. Hortense refusa de devenir la favorite officielle non parce que son époux est très jaloux et possessif mais aussi qu’elle était éprise de lui et qu’elle était connue pour être aussi vertueuse que belle. Dans ses mémoires, d’Argenson cependant, n’était point si persuadée de sa vertu, et le déclarait sans ambages : « Mme de Flavacourt, sœur de Mme de Châteauroux, belle mais fausse, avec peu d’esprit ni de naturel, a été lorgnée par le roi et y a répondu. Il a été question du marché, et à l’imitation de sa sœur elle a voulu, pour première condition, que l’on renvoyât sa sœur. Le roi a craint sans doute que cela ne donnât une nouvelle scène au public et les grands frais d’une nouvelle maîtresse déclarée. »

Néanmoins la marquise de Flavacourt demeura à la cour où elle exerce la charge de dame du palais de la Reine depuis septembre 1742, à la place de sa sœur aînée, la comtesse de Mailly, qui lui cède la charge après qu'elle soit renvoyée sur ordre de la marquise de La Tournelle (future duchesse de Châteauroux) devenue la nouvelle maitresse du roi. Cette disposition sera acceptée par le roi le 21 septembre. A la cour, Mme de Flavacourt se lia d'amitié avec la Reine et ce, en dépit de la position de ses quatre sœurs. Dans les premiers temps, la Reine la redoutait du fait des rumeurs qui couraient disant qu'elle était devenue aussi la maitresse du roi comme ses sœurs mais bien après, elle se révéla son alliée car elle ne cherchait pas à entrer dans le lit du Roi, et les deux dames entretinrent une longue amitié.

Pendant la faveur de Mme de Châteauroux, Mme de Flavacourt sera du parti ennemi de la favorite, n'hésitant pas à s'allier avec Maurepas "aux oreilles duquel elle était toujours pendue, dit Mme de Tencin, alors que celui-ci écrivait plusieurs libelles et pamphlets contre sa sœur la favorite. Possédant une beauté supérieure à celle de sa sœur, elle sera du parti de la Rochefoucauld qui tentera de la pousser à plusieurs reprises dans le lit du roi ; d'ailleurs une correspondance s'établiera entre elle et Louis XV en mai 1744 sous le couvert de Lebel. Elle se verra encore proposée par le duc de Richelieu de devenir encore la favorite royale après la mort de sa jeune sœur, Marie-Anne. La marquise refusera encore ces honneurs préférant rester auprès de son époux. D'après Soulavie, le duc de Richelieu tenta vainement de la séduire pour le roi. Mais il eut beau faire miroiter a ses yeux tous les avantages qu’elle en pourrait tirer, tant pour la fortune que pour le crédit, la vertueuse Flavacourt ne voulait rien entendre. A ses arguments, elle se contenta de répondre : « Est-ce là tout, monsieur de Richelieu ? Eh bien ! je préfère l’estime de mes contemporains. »

Pourtant cette grande dame qui se refusera de se donner au roi, se liera d'amitié avec la comtesse du Barry et deviendra l'une de ses premières promeneuses et soupeuses. Elle demeurera à la cour où elle exercera sa charge pendant vingt-quatre ans. Mme de Flavacourt démissionera de sa charge fin 1766, comme en témoigne une lettre de Marie Leszczynska à son ami, le président Hénault, datée du 10 décembre 1766 : "J'ai été bien étonnée du parti que Mme de Flavacourt a pris : je ne m'y attendais pas ; elle dit que sa santé est mauvaise. Il faut que je lui rende cette justice, c'est qu'il n y a jamais eu rien de si exact qu'elle pour mon service". Cette charge sera donnée à la marquise de Valbelle, une nièce de la duchesse de Luynes, qui était surnuméraire depuis septembre 1763.

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En 1774, après la mort de Louis XV, elle se retira du château de Versailles. En 1792, le comte de Mailly demanda aux Tuileries une lecture des Mémoires de feu le duc de Richelieu, qu’on s’apprêtait à publier et ou l’on qui parlait abondamment des sœurs de Mailly-Nesle. On invita Mme de Flavacourt, seule survivante des cinq sœurs, à présider cette assemblée. Selon le témoin de cette scène : « C'étoit une femme éclairée et pleine de religion, qui en remplissait les devoirs avec une sévérité peu compatible avec son âge. Il y avoit dans son maintien et dans ses habitudes toute la dignité des dames de la reine épouse de Louis XV. Elle étoit d'une amabilité charmante dans sa conversation et d'une naïveté singulière dans le récit des anecdotes de son temps qu'elle faisoit avec beaucoup de grâce et de réserve, pour ne dire que ce qu'il y avoit de convenable. Elle avoit une grande et belle taille. Sa figure étoit bien conservée en 1792, à l'âge de 80 ans… Le maréchal de Mailly n'avoit pas écouté avec plaisir toutes ces anecdotes ; mais quand il m'entendit raconter les entreprises du maréchal de Richelieu chargé de gagner pour le roi le cœur de madame de Flavacourt ; quand il vit cette dame baisser les yeux au récit de la tentation du maréchal de Richelieu qui parloit d'un roi fidèle à ses 4 sœurs, qui soupiroit après la cinquième, et qui, parvenu à l'âge de 35 ans en 1745 , étoit beau comme Apollon ; quand il entendit ce fameux séducteur parler du culte dû à la favorite du roi, du rang de duchesse, du luxe de sa maison , des soins des potentats de l'Europe à lui plaire, des attentions de leurs ambassadeurs à 1ui faire la cour; quand le maréchal de Mailly entendit madame de Flavacourt répondre à l'envoyé de Louis XV: Est-ce là tout, monsieur le Duc ? Je préfère l'estime de mes contemporains: M. de Mailly se lève, et d'un ton plein de dignité et de grâce. Madame, lui dit-il, vous aviez oublié toutes ces circonstances remarquables de votre vie : l'Histoire, de votre vivant, rend ses hommages à l'union de la vertu et de la beauté. »

Confrontée comme d'autres nobles devant le tribunal révolutionnaire, elle y montra cette gaîté brave qui la sauvera de la mort. Elle sera enfermée pour quelques mois au couvent des Oiseaux, transformé en prison, et sera relâchée en 1794. Hortense de Mailly-Nesle mourra en 1799 à l’âge de quatre-vingt-quatre ans juste avant l'avènement au trône du jeune Bonaparte. La marquise de Flavacourt fut ainsi la seule des cinq sœurs à ne pas recevoir la faveur du roi.

Cette biographie a été rédigée en collaboration avec le site Histoire-et-Secrets.com