Francoise_scarronFrançoise d’Aubigné, future marquise de Maintenon, naît dans les prisons de Niort le 27 Novembre 1635. Elle est la ztroisième et dernière enfant de Constant d’Aubigné (1585-1647) et de Jeanne de Cardilhac (1611-1652). Son père est incarcéré dans la prison de Niort pour le meurtre de sa première femme, Anne de Marchant et l’amant de celle-ci après les avoir supris ensemble en 1619. D’ailleurs il avait eu deux enfants, des fils avec sa première épouse, mais ceux-ci moururent en bas-âge. Il avait épouse en 1627 Jeanne de Cardilhac qui lui a déjà donné aussi deux fils : Constant (1629-1646) et Charles (1634-1703). Elle avait accepté de suivre son époux dans la prison et c’est dans ces conditions qu’est née Françoise. Jeanne qui voulait la liberté de son mari avait imploré Richelieu de le libérer mais celui-ci resta inflexible. Peu après sa naissance, le nouveau-né est baptisé selon la religion catholique (foi de sa mère) et a pour parrain et marraine : François de la Rochefoucauld et Suzanne de Baudéan. Elle sera prénommée Françoise en l’honneur de son parrain. Mais les parents de Françoise n’avaient aucun sou et ils la confièrent à sa tante protestante (sœur cadette de son père), Artémise mariée au seigneur de la Villette et déjà mère de quatre enfants, au château de Mursay, qui l’élèvera pendant cinq ans, de 1638 à 1643. Françoise la considérera comme sa véritable mère et celle-ci comme son cinquième enfant. En 1643, après la mort de Richelieu et du roi, Constant est alors libéré de prison. Françoise retourne alors dans sa famille. Le père de Françoise voulant redevenir riche, se mit en tête d’aller chercher fortune aux Amériques. Après mille intrigues, il obtint à se faire nommer gouverneur de l’île de Marie-Galante aux Antilles. Constant alors embarqua sa femme et ses trois enfants à l’île. Arrivé là-bas, il constata que le poste était occupé et qu’il avait été naïf. Il retourna en France, abandonnant sa femme & enfants sur l’île dans la plus grande misère. Sur l’île, Françoise et ses frères passaient leur temps à garder des dindons et des cochons. Ils vivaient alors dans le plus grand dénuement et vivaient dans des petites cases menant une vie rude et très rude et ne se nourrissant que des aliments végétaux pour deux ans. Françoise y gagnera le surnom de « la Belle Indienne » Ils ne retournèrent qu’en France en 1647 pour apprendre que Constant est mort à Orange au mois d’Août de la même année. Dès lors, ils vécurent encore dans la misère, à la Rochelle : Françoise et son frère, Charles, étaient obligés d’aller mendier de la nourriture aux portes des collèges des Jésuites. Françoise n’oubliera jamais ces humiliations où il devait toujours aller mendier dans des rues. D’ailleurs Mme d’Aubigné préférait Constant, l’aîné à Françoise et Charles, elle lui accordait bien plus d’attention qu’à ses cadets. Constant comme son père, voulait chercherMama_ya_maintenon_1685 fortune, s’aventurant au Nouveau Monde, lorsqu’il mourut en 1646 de la noyade, Françoise n’en éprouva pas de chagrin. Jeanne d’Aubigné n’aimait pas sa fille, qu’elle surnommait volontiers « l’Aubignette », la considérant comme un poids lourd dans sa vie. En 1648, ce fut avec grande joie lorsque Françoise retourne vivre chez sa tante, la bonne Madame Villette qui voulait lui inculquer une éducation protestante tandis que son frère aîné est placé ailleurs comme page. C’est vers cette époque que Françoise se lia d’amitié avec son cousin Philippe, qu’elle considérait comme son grand frère. Mais la mère de sa marraine, Mme de Neuillant s’indignait que la filleule de sa fille reçût une éducation huguenote et avec l’aide de la reine-mère, Anne d’Autriche, obtint la garde de Françoise. Alors commença pour Françoise, une vie très rude : d’abord Mme de Neuillant était avare, la portait aux nues et gardait les dindons avec sa cousine et marraine Suzanne de Beaudéan. Mais elle voulait que Mademoiselle d’Aubigné se convertisse à la religion catholique. Après bien avoir utilisé des cajoleries et des « friandises », on pensa à la convertir de force des fois la fouettant. Sa tante finit par la placer au couvent des Ursulines de Niort, où elle se lia d’amitié avec Sœur Céleste (qui l’aidera à se convertir dans la religion catholique) puis celui de Saint-Jacques, à Paris. Dès qu’elle atteint ses seize ans, Françoise d’Aubigné, alors fraîche à ses dix-sept ans, avec l’autorisation de sa mère, encore vivante (elle mourra quelque temps après), elle est mariée au vieux poète burlesque, Paul Scarron, âgé de quarante-deux ans, déformé pour cause d’avoir passé une nuit dans la Seine glacée. Françoise avait préféré s’unir avec ce poète déformé et surnommé « cul de jatte » plutôt que de finir ses jours au couvent. La nouvelle madame Scarron était alors à cette époque, une beauté. Elle avait une taille bien prise, un visage d’un ovale parfait, doux, soyeux et admirablement bien dessiné, le nez aquilin, la bouche bien taillée, les cheveux châtains clairs et surtout les plus beaux yeux du monde (elles étaient de couleur noire, brillants et pleins de feu). Chez Scarron, y venaient de beaux esprits, tels que le maréchal d’Albret, les La Rochefoucauld, et tant d’autres. Françoise de Scarron y était remarquée par beaucoup de gens pour sa beauté et son esprit. Elle était alors dans tout l’éclat de sa jeunesse et était à cette époque d’une grande beauté ; elle ne manqua pas de soupirants tels que le maréchal d’Albret, le marquis de Marsilly, Delorme, et surtout le marquis de Mme_de_maintenonVillarceaux (dont on prétendait même qu’ils ont été amants après la mort de Scarron pendant trois ans), mais résistait à toutes leurs avances, faisant une image d’épouse fidèle et gagnant l’estime de tous. Comme Mme de Montespan qui fut surnommée par les Précieuses du Marais, Athénaïs, Mme Scarron fut surnommée Lyriane bien qu’elle n’a jamais gardé ce surnom comme le fit la marquise de Montespan pour Athénaïs. On ne sait jamais si Scarron et sa femme consommèrent leur mariage et il est possible que Mme Scarron fut encore vierge quand son époux meurt le 06 Octobre 1660. Elle eut l’extrême joie de se trouver veuve bien que son époux lui léguait dix mille livres pour vingt-deux mille de dettes. On prétend que c’est vers cette époque elle eut une liaison plus ou moins passionnée avec le marquis de Villarceaux pendant trois années et que c’est Ninon de Lenclos qui leur prêtait son lit. Après la mort de son époux, Françoise connue sous la veuve Scarron se retira au couvent de la Charité-Notre-Dame puis chez celui de la rue Saint-Jacques (où elle avait été élevée pendant un temps) avec une pension de deux mille livres donnée par la reine-mère, Anne d’Autriche, qui était devenue elle aussi par le temps, très dévote. Mais cela ne l’empêcha de se rendre souvent à l’hôtel de Saint-Albret. C’est là-bas qu’elle rencontra Bonne de Pons, épouse du marquis d’Heudicourt (nièce du maréchal d’Albret) et Françoise-Athénaïs de Rochechouart-Mortemart, fraîchement mariée au marquis de Montespan (qui était parent du maréchal d’Albret).Elle se lia d’amitié avec ses deux jeunes personnes qui plaisaient également par leur beauté et leur esprit. Mme Scarron continua à rester dans l’ombre faisant image d’une femme pieuse, modeste et discrète pour gagner une bonne réputation. Le 18 Juillet 1668, Mme Scarron fit sa première apparition à la cour, invitée par son amie de toujours, la marquise de Montespan, devenue la nouvelle maîtresse du roi. C’était à l’occasion d’une fête du nom du Grand Divertissement Royal, donnée en l’honneur de Mme de Montespan. En 1669, c’est là où la chance sourit à Mme Scarron, on l’avait proposée de devenir la dame d’honneur de la reine de Portugal, mais la réponse se faisait attendre. En mars 1669, Mme de Montespan, donnait au roi un premier enfant, une fille (qui devrait mourir trois ans plus tard en 1672). Elle voulait une personne pour élever ses enfants. Soudain, elle pensa à son amie de toujours, qu’elle avait rencontrée auparavant chez son cousin par alliance, le maréchal d’Albret. Elle savait que c’était une personne de discrétion, dévote et attentionnée des enfants. C’est la marquise d’Heudicourt qui se chargea de l’affaire. Très vite, Mme Scarron se trouva dans le secret et les premiers fruits des amours du roi et de la Montespan lui t_fran_oise_scarron furent confiés (de crainte que le marquis de Montespan ne les reconnût par vengeance). En 1670, Mme de Montespan accouchait au château de Saint-Germain, d’un deuxième enfant, un fils, le futur duc du Maine, presque aussi secrètement que la première fois. L’enfant fut enveloppé dans un linge puis amené par le duc de Lauzun à Mme Scarron. Pour ne pas éveiller de soupçon, la veuve Scarron prend avec elle aussi la petite Louise d’Heudicourt, future Mme de Montgon, en 1671. Ainsi, personne ne sût l’existence des premiers bâtards. D’ailleurs le premier d’entre eux mourut dans l’ombre en 1672. Le roi au commencement n’appréciait guère Mme Scarron mais sa maîtresse le convainquit que c’était une personne de confiance et qu’il ne fallait pas se douter d’elle. En 1672, peu après la naissance du comte de Vexin, Mme Scarron et les bâtards s’installèrent à l’hôtel rue de Vaugirard où leur père venait leur rendre visite souvent. C’est vers cette époque que le roi commença alors à s’attacher à cette femme qui aussi sut se rendre importante à ses yeux. On pense que c’est vers cette époque que Mme Scarron devint la maîtresse du roi mais il y a encore des doutes. On pensera même que Toscan (fils illégitime de son frère aîné, Charles), qu’elle  élevait avec les enfants du roi, serait un fils qu’elle a eu avec Louis XIV. En 1673, après la légitimation des bâtards, Mme Scarron vint s’installer avec eux à la cour à Saint-Germain. À cette époque, Mmes de Montespan et Scarron s’entendaient comme deux meilleures amies du monde. Elles s’estimaient et échangeaient des secrets. Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’elles commencent à se chamailler. Mme de Montespan ne comprenait pas comment Mme Scarron s’appropriait
wpee97bca1des enfants et gagnaient la confiance de ceux-ci. Aussi pour se faire aimer des enfants, Mme de Montespan autorisa tous leurs caprices allant jusque même à les laisser se gaver des sucreries ce que n’approuvait pas la veuve Scarron. Elle ne supportait pas non plus que la veuve du cul de jatte se faisait aimer par le duc du Maine qui à vrai dire la préférait à sa mère. En fait, celui-ci, était né infirme et nécessitait beaucoup plus d’attention que les autres. Mme Scarron l’emmenait souvent faire une cure aux eaux de Barèges pour la guérison de ses jambes. Pour s’en débarrasser, Mme de Montespan pense à la marier à un certain duc de Villars-Brancas (un vieux bossu et veuf deux fois et fort gueux) ce que Françoise Scarron refusa. Elle voulait avoir une charmante retraite une fois devenue vieille. Elle pensait à s’acheter une terre d’autant plus que le roi lui donnait une grosse pension annuelle. Elle pensa d’abord à s'agréger à une noble et vieille famille d'Anjou d’Aubigny, qui remontait au XIIe siècle et qui ressemblait presque à son nom de famille, d’Aubigné, puis s’acheta avec une nouvelle gratification de 100 000 livres que le roi lui avait donnée, la terre et le château de Maintenon, qu’elle fit ménager à grands frais. Le roi la titra marquise de Maintenon. Bien qu’appelée ironiquement par certains « Madame de Maintenant », elle eut la joie immense de n’être plus la veuve Scarron, qui lui rappelait de très mauvais souvenirs. En 1675, aidée par l’abbé Gobelin et Bossuet, Mme de Maintenon parvint à faire séparer du roi, la marquise de Montespan pour leur liaison double adultère. Mais plus tard en 1676, le roi et la marquise se retrouvèrent encore et il en advint Mlle de Blois et le comte de Toulouse. Mme de Maintenon n’acceptera jamais d’élever ces deux autres enfants puisque nés après avoir rompu le serment fait avec l’Église. En 1679, lassée de la trop grande influence de Mme de Maintenon sur le roi qui grandissait, la marquise de MontespanFrancoise_et_sa_niece présenta à Louis XIV, une toute jeune fille âgée de dix-huit ans (et du même âge que le dauphin) prénommée Marie-Angélique de Scorailles de Roussille que le roi s’empressa de titrer duchesse de Fontanges. Le roi s’éprendra de la jeune fille et délaissera pour de bon Mme de Montespan. En 1680, pour la délivrer de toute tutelle de la marquise de Montespan, le roi fit de Mme de Maintenon, seconde dame d’atours de la nouvelle dauphine, Marie-Christine de Bavière. Très sûre de l’influence qu’elle avait sur le roi, Mme de Maintenon conseilla celui-ci de se rapprocher de sa femme, pour son Salut. Ce qui fit dire à Marie-Thérèse : "Dieu a suscité Mme de Maintenon, pour me rendre le coeur du roi." Si on lui recommendait la méfiance, elle répondait impertubablement : "Le roi ne m'a jamais traitée avec autant de tendresse depuis qu'il l'écoute." Pourtant aux dires de la princesse Palatine, "Ce n'est que fort peu de temps avant sa mort que la reine apprit que la Maintenon l'avait trompée." En 1683, après la mort de la reine, le roi épousa Mme de Maintenon dans la nuit du 9 au 10 Octobre de la même année. Bien que Mme de Maintenon ne joua jamais d‘importantes rôles politiques, on pense que c’est elle qui fut à l’origine de la Révocation de l’Édit de Nantes (chassant tous les protestants de la France). Elle élèvera aussi ses deux nièces : Marthe-Marguerite et Françoise-Charlotte, dans la foi catholique et les mariera successivement plus tard en 1686, au comte de Caylus puis en 1698, au duc de Noailles. En 1686, Mme de Maintenon créa un établissement de Saint-Cyr qui accueillait des jeune filles de noblesse mais pauvres leur permettant ainsi de bénéficier une excellente éducation. Mais bien des années plus tard, le mariage entre le roi et la marquise de Maintenon, s’avéra un total échec. En fait, le souverain, ayant encore un appétit sexuel comme autrefois, n'hésitait pas à consommer le mariage avec sa seconde épouse au grand déplaisir de celle-ci. Mais Louis XIV, incapable de chasser Mme de Maintenon, la surnommait « Votre Solidité ». La cour, sous Madame de Maintenon, était devenue très austère et les courtisans, trop hypocrites, se conduisaient comme des personnes pieuses. Mme de Maintenon, en tant que reine sans couronne et très puissante dame, réprimandait toujours les filles illégitimes de Louis XIV : la princesse douairière de Conti, les duchesses de Bourbon et d’Orléans, (qui se chamaillaient sans cesse) faisant preuve d’autorité. En 1696, une nouvelle princesse de Savoie, Marie-Adélaïde, épousait le fils aîné du Grand Dauphin, le duc de Bourgogne. Cette enfant gagna très vite l’affection de Louis XIV et de Mme de Maintenon, qu’elle surnommait familièrement « Ma Tante ». Elle fut la pupille du roi et de la marquise au grand dam des filles des maîtresses de Louis XIV. Durant les dernières années de sa vie, Mme de Maintenon connut beaucoup de deuil : tous ses amis d’autrefois, décédaient successivement la laissant seule au monde. Les années 1710, furent les années des malheurs pour la famille royale : en 1711, le Grand Dauphin, unique fils légitime de Louis XIV, se mourrait, en 1712, le duc de Bourgogne et son épouse ainsi que leur fils, le duc de Bretagne, furent emportés par la petite vérole. Après la mort de la duchesse de Bourgogne, Versailles devint de plus en plus morose et Mme de Maintenon et le roi perdirent goût à la vie. Ainsi les dernières années de vie commune du roi et de Mme de Maintenon furent des années de malheur et de deuil. En 1715, quelques jours avant la mort du roi, Mme de Maintenon se retira de la cour pour Saint-Cyr, et y mourut quatre ans plus tard, le 15 Avril 1719. Ses ossements furent profanés en 1793, durant la révolution française mais seront retrouvés après la deuxième guerre mondiale. Ils regagneront leur sépulture le 15 Avril 1969, deux cents et cinquante ans après la mort de la célèbre Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon.

Rédigé en collaboration avec Histoire-et-Secrets.com