Anne-Julie de Rohan-Chabot née en 1648, est la fille d’Henri de Chabot et de la duchesse Marguerite de Rohan. Elle est la

Anne-Chabot-deRohan

troisième des six enfants du couple de Rohan. Parmi ses frères et sœurs, citons : un enfant mort-jeune, Marguerite Gabrielle Charlotte, Gilone, Louis, Jeanne Pélagie.

Anne-Julie est une jeune fille belle, vertueuse et sage, qui a reçu une très bonne éducation. Alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, elle épouse en 1663, François, prince de Soubise de douze ans son aîné et veuf, à qui elle donne rapidement des enfants. 

En 1665, Anne de Rohan-Chabot est une jeune femme de dix-sept ans aux cheveux roux avec des yeux en amande couleur noisette. Connue sous le nom de la Belle Florice, elle se fait remarquer par Louis XIV alors amoureux de sa maîtresse en titre, Françoise-Louise de la Vallière.

Ne voulant pas que sa fille soit compromise et qu’elle devienne la maîtresse du roi, la duchesse de Rohan interdit à sa fille de s’approcher du roi et l’éloigne de la cour pour qu’elle vive en parfaite harmonie avec son époux et ses enfants. Néanmoins, deux ans plus tard, Louis XIV érige en principauté par les lettres patentes, la terre de Soubise qu'elle avait apportée à son mari.

À l'automne 1669, que leurs rumeurs éclatent disant que le roi ait enfin pris pour maîtresse la princesse de Soubise lors du voyage de Chambord (pour cette fois, celle-ci n’y est pas avec sa mère). Mais Mme de Montespan, favorite du moment "a trop de charmes et d’esprit pour se laisser supplanter ".

Alors voyant qu’il est impossible qu’elle devienne la maîtresse du roi, la princesse de Soubise continue de vivre à la cour avec son mari et lui donne beaucoup d’enfants qui naissent presque chaque année. Dix enfants en tout naissent de cette union :

- Anne Marguerite (1664-1721) 
- Louis (1666-1689) 
- Constance Emilie ( 1667-après 1683) 
- Hercule Mériadec (1669-1749) 
- Alexandre Mériadec (1670-1687) 
- Henri Louis (1672-1693) 
- Emilie (1678-après 1694) 
- Eléonore Marie-Anne (1679-1753) 
- Maximilien Gaston Guy (1680-1706) 
- Frédéric Paul (1685-1685) 

anne-de-rohan-chabot-prince-2

Louis XIV ne revoit la belle princesse qu'à la fin de l'année 1673, dans tout l’éclat de ses vingt-cinq ans. Malgré les maternités successives, Anne-Julie de Soubise reste toujours une très belle femme qui garde sa ligne, (malgré un peu d’embonpoint) grâce à un régime particulier, qu’elle prend en ne mangeant que du veau, du poulet rôti ou bouilli, de la salade et des fruits. Cependant elle reste dotée d’une santé fragile et est souvent malade. Et on la dit scrofuleuse. Selon un pamphlet de l'époque le Grand Alcandre frustré, Mme de Montespan pour la perdre dans l'esprit du roi, la qualifie de belle « pomme gâtée au-dedans ». Cependant, cela n'empêche pas le roi de la mettre dans son lit pour quelque temps.

Contrairement au marquis de Montespan, Monsieur de Soubise veut mettre à tout prix Anne dans le lit du roi et avoir un enfant de lui. Selon lui, un bâtard de France ainsi qu’Anne-Julie devenue la maîtresse du roi, peuvent bien ramener beaucoup de richesse et de nombreuses charges dans la famille.

Le premier jour de l’année suivante,  la princesse de Soubise est nommée dame du palais de la reine Marie-Thérèse, charge extrêmement importante. Quelques mois plus tard, le 26 juin, la princesse de Soubise donne naissance à un fils, Armand-Gaston, futur cardinal de Rohan (1674-1749).

Cette naissance apporte beaucoup d’argent dans la famille d’Anne-Julie et son mari reconnait cet enfant comme étant le sien. Le prince de Soubise est fait successivement capitaine-lieutenant des gendarmes de la garde en 1673, maréchal de camp en 1675, lieutenant général deux ans plus tard. 

Mais bien des années plus tard, il se trouvera que l’enfant ressemble étrangement à Louis XIV. Cela fait allumer bien de ragots qui disent que l’enfant est bien du roi et que celui-ci, ne voulant pas reconnaître un bâtard de plus, a donné beaucoup d’argent au mari d’Anne-Julie, pour qu’il se taise et garde scrupuleusement le secret.

La liaison amoureuse entre le roi et Madame de Soubise recommence durant l’été de 1676, pendant qu’Athénaïs est allée faire sa cure aux eaux de Bourbon. La princesse met des pendants d’oreilles d’émeraudes au diner ou au souper pour indiquer qu’elle est libre le soir.

Dès que Mme de Montespan rentre, le roi cesse sa relation avec la princesse de Soubise. En fait, il semble qu’Anne-Julie de Rohan-Chabot n’est pas une grande amoureuse et que c’est une femme de tête, sèche et calculatrice, intrigante et très attachée aux biens de ce monde. Si elle est devenue la maîtresse du roi, c’est uniquement pour élever et enrichir sa famille. Le roi, charmé par sa froide beauté et la blancheur d'albâtre de sa peau, préfère à ses conversations, banales et toujours intéressées, l'inconstance, la fantaisie, le charme sautillant de la favorite qui, avoue Saint Simon, "rendait agréables les matières les plus sérieuses et ennoblissait les plus communes."

annechabotderohanprincessesoubiseDélaissée, la princesse de Soubise décide de passer quelques jours au Château de Lorges, en Beauce, "chagrinée" selon Mme de Sévigné. Mais à son retour, le manège des galanteries reprend, au grand désespoir de Mme de Montespan qui voit son pouvoir de séduction diminuer.

A l'automne 1676, Louis XIV semble se lasser définitivement de Madame de Soubise au profit de la belle de Ludres. La princesse de Soubise demeure cependant à la cour comme dame du palais de la reine. Même si elle n’est plus la maîtresse de Louis XIV, la princesse de Soubise reste un danger pour la marquise de Montespan. Car après la chute de Mme de Ludres, à l'automne 1677, on remarque l'assiduité  du roi auprès de Madame de Soubise. Cela continue jusqu'au jour où la princesse perd ses dents de devant lors d'un accouchement.

C’en est fini pour elle et le roi ne peut plus la regarder. Néanmoins, elle conservera jusqu'à sa mort, l'amitié du roi et celle qui allait devenir la future épouse de celui-ci, Mme de Maintenon. 

En 1679, lors de la composition de la maison de la future Dauphine, on lui accorde les appointements attachés à la charge de Dame d’honneur, soit 14 000 livres, charge qu’elle n’exerce pas.

Anne-Julie de Rohan-Chabot, princesse de Soubise décède le 4 février 1709 à l'âge de soixante et un ans, victime d’un hiver rigoureux qui s’abat sur la France en cette année-là, qu’elle n’a pas résisté à cause de sa santé trop fragile.