Fille de Martin Bellier, elle épouse le 23 février 1634 à Saint-Germain-en-Laye Pierre de Beauvais, commerçant dans le textile. De cette union, naitront plusieurs enfants :

  • Louis (v.1635-1697)
  • Jeanne Baptiste (1637-1663)
  • Angélique (1638-1709)
  • François (1640- ?)
  • Etienne (av.1641- ?)
  • Charles (1642- ?)
  • Charles Ambroise (1650- ?)

Catherine_Bellier__1614_1689__Baronne_de_Beauvais_et_premier_amour_de_Louis_XIV

Elle entre à la cour et devient dame de compagnie et confidente de la reine Anne d'Autriche. Elle se fait édifier à Paris le célèbre hôtel de Beauvais, dans le quartier du Marais. Cet hôtel de prestige est construit à partir de 1654 par Antoine Le Pautre, premier architecte du Roi. Madame de Beauvais et première femme de chambre de la reine Anne d’Autriche, avait en effet été récompensé pour service rendu. Elle aurait "déniaisé" le jeune Louis XIV alors agé de 14 ans sur ordre de la reine. Dans ses lettres, Primi Visconti rapporte qu’elle déniaisa le jeune roi Louis XIV, alors âgé de 16 ans : « Tout affreuse qu’elle était, le prince étant fort jeune, l’ayant trouvé seul à l’écart dans le Louvre, elle le viola, ou du moins le surprit, de sorte qu’elle obtint ce qu’elle désirait ». On prétend même qu’il serait retourné plusieurs fois dans son lit. Selon certains, c’est sa mère Anne d’Autriche qui avait inventé ce stratagème dans le but de s’assurer que son fils était « propre au mariage ». Catherine Bellier était sans doute très proche d'Anne d'Autriche puisque c'est elle qui lui administrait ses lavements (traitements usuels a l'epoque). Remerciée pour le service auprès du jeune Louis par le don du terrain sur lequel s'élèvera l'hôtel particulier, elle bénéficie de plus de l'anoblissement de son époux, marchand drapier, qui reçut le titre de baron. Réputée extrêmement avarde, il semblerait qu'elle réussi a récupérer sur ordre du roi des pierres destinées a la façade du Louvre et fait concevoir dès le départ son hotel avec des boutiques en façade de façon a en percevoir les loyers. Bien que laide et peut-être même borgne (on la surnommait "Cateau-la-Borgnesse"), elle aura de nombreux amants dont l'archevêque de Sens. C'est du balcon de son hôtel que la reine-mère, Mazarin, Turenne assistent, le 26 août 1660 (date de l'inauguration), à l’entrée dans Paris de Louis XIV et de Marie Thérèse pour fêter leur mariage. La baronne de Beauvais construisit un second hôtel pour son fils à l’entrée de la rue de Grenelle, près du carrefour de la Croix-Rouge. En date du 3 novembre 1663, cet hôtel eut la visite de la Reine-mère et du Roi et de Monsieur. A cette occasion, « La sage dame de Beauvais, qui se connoît fort aux belles choses », leur fit découvrir :

Tant de raretés sans pareilles,

Tant de tableaux bien colorés,

Tant de brillants lustres dorés,

De porcelaines et de vases,

Qui pouvoient causer des extases,

Et le tout si bien agencé

Et si proprement compassé,

Que le Roy, Reine et Monsieur même

Y prirent un plaisir extrême.

Cependant en 1667, avec un tel train de vie, la baronne de Beauvais rencontrait des difficultés financières. Le roi lui accorda alors le privilège des carrosses et des messageries de Versailles. A la mort de son époux en 1674, Mme de Beauvais se retrouva de nouveau submergée de dettes. Son âge avancé la contraint à se retirer de la cour ou elle venait cependant encore comme le souligne Saint Simon dans ces mémoires : « Mme de Beauvais, première femme de chambre de la reine mère et dans sa plus intime confidence, et à qui tout le monde faisait d'autant plus la cour qu'elle ne s'était pas mise moins bien avec le roi, dont elle passait pour avoir eu le pucelage. Je l'ai encore vue vieille, chassieuse et borgnesse, à la toilette de Mme la dauphine de Bavière où toute la cour lui faisait merveilles, parce que de temps en temps elle venait à Versailles, où elle causait toujours avec le roi en particulier, qui avait conservé beaucoup de considération pour elle. » Elle finit par s’exiler et mourut ruinée le 7 juin 1689 à Arrou en Eure-et-Loir.