Marie_manciniNée à Rome, en Italie le 28 août 1639, Marie est la fille de Lorenzo Mancini et Girolama Mazarini, sœur de Mazarin. À sa naissance Marie a déjà deux sœurs aînées, Laure-Victoire, née le 15 Juin 1635 et Olympe, née le 11 Juillet 1637, puis aussi un grand-frère, prénommé Paul, né le 22 Mai 1636. Dès sa naissance, Marie n’a pas un avenir heureux devant elle. D’abord, elle n’est pas aussi belle que ses sœurs mais aussi son père, Lorenzo, amateur d’astrologie lui prédit qu’il lui arrivera beaucoup de malheurs. Marie connaîtra encore deux frères : Philippe, né le 28 Mai 1641 et Alphonse, né le 29 Mai 1644, et deux sœurs : Hortense, née le 6 Juin 1646, et Marie-Anne, née le 8 Septembre 1649. À partir de 1647, le cardinal de Mazarin fait venir petit à petit sa famille à la cour. Il espère ainsi marier ses nièces et ses neveux à de bons partis. Girolama Mancini emmène d’abord les aînés de la famille : Laure-Victoire, Paul et Olympe. Malgré la Fronde qui éclate en 1647, Laure parvient à épouser la même année, le duc de Mercœur (petit-fils d’Henri IV et de sa maîtresse, Gabrielle d’Estrées). Après la Fronde en 1655, Madame Mancini emmène le reste de ses enfants à Paris. Son époux, Lorenzo Mancini est mort en 1650. Alors que toute la famille est présentée à la cour, Marie est mise dans un couvent français à cause de son caractère inconvenant et ses mauvaises manières. En décembre 1656, sa mère finalement s’éteint, emportée par une maladie. Girolama meurt en recommandant sa fille, Marie Mancini, à son frère, le cardinal de Mazarin, pour qu’il la mette au couvent pour y finir ses jours. Malgré les recommandations de Girolama, Marie est enfin libre et peut aller où elle veut. C’est à cette occasion qu’elle apparaît à la cour pour la première fois. Elle trouve que sa sœur aînée, Olympe est déjà courtisée par Louis XIV depuis quelques temps. Il ne faut pas attendre plus longtemps, pour que Marie tombe sous le charme du jeune et beau Louis. En 1657, sa sœur est finalement mariée au comte des Soissons. En 1658, une occasion vient montrer la grande passion qu’elle pour le roi. Celui-ci, parti guerroyer à Calais, est prit de fortes fièvres à Compiègne et il semble que ses jours soient comptés. Marie, amoureuse depuis longtemps mais en secret de Louis, éprouve un profond chagrin. Quand Louis XIV se remet de sa maladie. Il apprend la tristesse que la jeune femme avait eue lors de sa maladie, et conçoit peu après une violente passion pour elle. Cette nouvelle liaison ne fait qu’attiser la jalousie d’Olympe qui manifeste immédiatement une haine incommensurable à sa sœur. Elle ne comprend pas comment cette fille, qui sans être d’une grande beauté, a réussi à conquérir le cœur du roi. Car il faut le dire, Olympe est plus belle que Marie Mancini. Et selon les dires de l’époque, Marie n’est pas très belle, elle n’a pas la blondeur et les rondeurs de l’époque. Pour le séduire encore plus, Marie lui fait découvrir les connaissances qu’elle a. En fait, Louis aime la littérature, les mythologies et Marie Mancini veut briller devant en lui montrant qu’elle connaît ces choses.Mancini Elle lui fait aussi partager sa passion pour la poésie. La liaison entre Louis et Marie éclate pendant le séjour de la Cour à Fontainebleau, durant l’automne 1658. En fait, Louis fait donner plusieurs fêtes somptueuses, des bals, des feux d’artifice,… en l’honneur de sa bien-aimée, Marie. La Cour comprit que c’est Marie, la nouvelle élue dans le cœur du roi et espérant en tirer des profits, tous les courtisans se mettent aussi à courtiser Marie. Cela ne fait qu’aviver la jalousie de ses sœurs et surtout Olympe qui avait espéré d’être toujours auprès du roi. La liaison entre Louis et Marie fût des plus platoniques. Dans les premiers temps, Mazarin es content de voir sa nièce être aimée du roi car cela éloigne de lui des femmes intrigantes et ambitieuses. Néanmoins, Louis commence à aimer beaucoup Marie et prévoit de la marier. Cette fois, c’en est trop pour Anne d’Autriche. Elle menace Louis de faire révolter tout le pays et de le faire marcher contre lui et à leur tête, son propre frère, le duc d’Orléans. Au début, la reine-mère pense que Mazarin approuve cette union car Marie est sa nièce. Or elle se trompe, Mazarin avait prévu depuis longtemps l’union entre Louis et la petite infante d’Espagne et de plus, sa nièce le haïssait. Donc Mazarin avait tout à craindre si un jour, sa nièce parvenait à épouser Louis XIV, celle-ci aurait poussé son époux à le disgracier. Mais voilà, que les relations entre la France et l’Espagne sont des plus banales. Mazarin et Anne doivent feindre d’unir Louis XIV à Marguerite de Savoie pour éveiller de la jalousie chez le roi d’Espagne, Philippe IV. Louis, se sentant maître de lui-même, refuse de se séparer de Marie. Il l’aime à la folie et ces projets de mariage entre la Savoie ou l’Espagne ne lui font pas changer d’avis. Mais la reine-mère fait entendre à son fils les méfaits qu’il y aurait s’il s’obstine à rester avec Marie. Louis XIV n’a plus de choix et pour des raisons politiques ainsi pour le bien de la France, il doit se séparer de Marie. Craignant en effet l’autorité de sa mère, Anne d’Autriche, Louis XIV est obligé de se séparer de Marie. Avant de quitter la cour, voyant le roi pleurer, Marie ne peut s’empêcher de dire « Vous pleurez Sire, vous êtes le maître et moi je pars ». Marie Mancini rejoint Brouage avec ses jeunes sœurs Hortense et Marie-Anne. En 1659, alors que Louis XIV part pour l’Espagne, on lui accorde d’aller rendre visite à Marie à Cognac. Cette fois-ci c’est pour la dernière fois que Louis et Marie peuvent se voir seuls, pendant une période de trois jours. Mais Louis XIV semble ne pas prévoir de se séparer avec Marie. Pour résoudre le problème, Anne d’Autriche propose à Marie de devenir la maîtresse du roi (mais leur liaison doit être secrète) plutôt que sa femme. Mais la reine-mère finira par entendre Marie dire qu’elle fera souffrir la nouvelle reine (future épouse de Louis XIV). Bien que ne connaissant pas la future épouse de son fils, Anne d’Autriche en témoigne de l’affection, puisqu’elle est sa nièce (elle est la fille de Philippe IV, qui est son jeune frère). Elle éloigne Marie de Louis XIV, cette fois pour de bon. Après avoir eu une liaison amoureuse avec Charles de Lorraine, Marie épouse en 1661 Lorenzo Colonna, Connétable de Naples, un homme beau et riche que son oncle Mazarin lui a trouvé avant de mourir. Dès lors, Marie mène un grand train de vie. Son époux est très amoureux d’elle et lui donne tout ce dont elle a envie. Après avoir eu une fausse-couche d'une fille, Marie donne trois fils à son époux :     

- Philippe-Alexandre (1663 - 1714)
- Marc-Antoine (1664 -1715)
- Charles (1665-1739)
MarieManciniJacobFerdinandVoet1660_1680Mais il ne faut pas attendre plus longtemps pour que Marie découvre la vraie nature de son époux. En fait, celui-ci la trompe ouvertement avec d’autres femmes. Même si son époux la trompe, Marie n’en est pas plus fidèle : elle s’affiche avec d’autres galants et sort plus régulièrement, allant dans plusieurs fêtes et bals. Après huit années de leur mariage, Marie Mancini apprend que son époux a eu plusieurs bâtards que beaucoup de ses maîtresses lui ont déjà donné. Exaspérée, elle refuse de partager son lit conjugal avec son époux puis finit par s’enfuir, laissant derrière elle ses trois fils, tous jeunes. Elle, sa sœur Hortense, et son jeune frère Philippe commencent à mener une vie dissolue et scandaleuse. Enfin, pour éviter le scandale et que tout le monde ne sache pas ce qui se passe, Lorenzo Colonna poursuit son épouse pour qu’il la fasse enfermer dans un couvent. Marie craignant pour sa vie (à tort), s’enfuit dans toute l’Europe, n’étant pas sûre où elle est en sécurité. En 1672, pour échapper à son époux, Marie doit se réfugier chez sa jeune sœur Hortense. Arrivée avec elle à Aix en vêtements masculins, sa ferme intention était de revenir à la cour. Et là, elle demande un passeport à son ancien amant. Mme de Montespan, alors favorite en titre y met le holà en démontrant au roi combien la situation serait délicate s’il l’accueillait en présence de la reine. Louis XIV se rendit sur ses raisons et pria la voyageuse de se retirer dans un couvent ou de regagner l’Italie. « Madame de Montespan, écrit le marquis de Saint-Maurice le 23 septembre 1672, ne veut pas entendre parler en aucune manière. Elle sait que c’est une femme d’esprit, et, comme ça a été les premières amours du roi, elle craint qu’il ne lui en reste quelque feu et quelque souvenir. » Marie s’installe d’abord à l’abbaye du Lys, près de Fontainebleau : c’était encore de près. La marquise de Montespan exige une retraite dans une plus lointaine province. La « Mazarinette », « outrée de douleur », séjourne quelques mois à Avenay, non loin de Reims, puis descend à Nevers et là, ne trouvant aucun couvent agréable, demande asile au duc de Savoie… Après, elle prend la route vers l’Espagne où elle mène une vie nomade à Madrid, où ne pouvant pas mener un train de vie digne de son rang à cause de l’absence des ressources, elle erre d’habitation en habitation, allant même dans un couvent. Elle refuse catégoriquement tout arrangement avec son époux malgré sa séparation avec ses fils. Elle erre entre une période mondaine et solitaire, se laissant aller au jour le jour. Finalement, le connétable de Colonna finit par mourir en 1689, Marie est enfin libre et peut aller où bon lui semble. En hiver 1691-1692, Marie fait n séjour à Rome où elle se trouve mal à l’aise pour s’en retourne à Madrid. La France et l’Espagne sont encore en guerre et Marie a besoin d’un nouveau passeport. Elle l’obtient en échange de ne pas quitter son parcours. En 1700, la succession au trône espagnol est un bouleversement puisque c’est le petit-fils de son ancien royal amant, Philippe V, qui devient roi d’Espagne. Ayant porté son choix sur le rival de Philippe V, Marie est obligée de s’exiler. Alors qu’elle a plus de cinquante ans, elle obtient l’autorisation de retourner à Paris où le roi lui fait adresser « milles honnêtetés ». Mais son amour d’autrefois ne veut plus la revoir. Après 1700, Marie Mancini finira par retourner en Italie d’abord à Rome mais après elle part s’installer à Pise où elle décède le 8 mai 1715 à l'âge de 75 ans, quelques mois avant Louis XIV. Après sa mort, elle est inhumée par son fils, Charles, dans le couvent du Saint-Sépulcre, toujours à Pise, qui fera graver sur sa tombe ‘‘cendres et poussière’’.

Rédigé en collaboration avec Histoire-et-Secrets.com