Marie_de_HautefortNée en 1616, Marie de Hautefort est la dernière fille du marquis Charles de Hautefort et de Renée de Bellay. Marie a deux frères ainés : Jacques-François de Hautefort et Gilles de Hautefort, marquis de Montignac, qui devient plus tard marquis de Hautefort, et trois sœurs : Catherine (1613-1630), fille d'honneur de la reine-mère Marie de Médicis, Catherine (1614-avant 1630), religieuse à Fontevrault, et Mademoiselle d’Escarts qui épousera en 1653 François de Choiseul. Marie perd son père à l’âge de deux mois et sa mère s’éteint à son tour alors qu’elle n’est âgée que de dix ans. Très jeune pour être responsable d’elle-même, c'est sa grand-mère maternelle, Catherine dite dame de La Flotte-Hauterive, gouvernante des filles d’honneur de la reine-mère, Marie de Médicis, qui la prend sous son aile et se charge de lui donner une éducation des plus soignées. Marie quitte le château familial de Périgord alors qu’elle n’a tout juste que douze ans. Elle apparaît à la cour et entre en service de la reine-mère, Marie de Médicis, grâce à sa grand-mère. Elle est deux ans après, remarquée par le fils de celle-ci à Lyon, durant l’été 1630, qui conçoit, dès ce moment, une vive passion pour la jeune fille qui n’est juste qu’une enfant de quatorze ans. La cour est stupéfaite que le roi a enfin eu un coup de foudre envers une femme. D’habitude il porte d’attention à ses favoris et méprise les dames qu’il juge trop frivoles et trop coquettes. D’une grande beauté, elle est blonde aux yeux bleus, avec une gorge magnifique, un corps de rêve et un teint blanc. Non seulement, elle est belle mais elle est aussi intelligente, spirituelle, railleuse. D’ailleurs il n’est surprenant que le roi soit tombé sous son charme car sa merveilleuse beauté séduit et mille hommes de la cour, tels que : François de Marsillac, futur duc de La Rochefoucauld, le duc de Ventadour et le duc d’Angoulême, commencent à la courtiser. Amoureux pour la première fois, Louis XIII demande la permission à Marie de Médicis de courtiser sa fille d’honneur en paix.

Le 11 Novembre 1630, à la journée des Dupes, la reine-mère Marie de Médicis se retrouve disgraciée et est exilée quelques jours après de la France. Marie de Hautefort demeure à la cour à la demande de Louis XIII. Elle est introduite à Anne d’Autriche à la demande de Louis XIII. Très amoureux de la belle demoiselle, Louis XIII la fait vite nommer dame d’honneur de la reine. Anne d’Autriche qui au commencement la déteste du fait de l’ascendant qu’elle peut avoir sur son époux, conçoit peu après, une vive amitié pour elle. Grâce à Marie de Hautefort, le roi et la reine se réconcilient et recommencent à repartager la couche royale. D’ailleurs la favorite est bien plus proche à Anne d’Autriche qu’à son époux. Mais si Louis XIII l’aime profondément, leur relation demeure platonique voir chaste ou amicale à cause de la profonde pudeur du roi. Louis XIII qui aime l’esprit de la belle Marie de Hautefort, aime converser de temps à temps avec elle lorsqu’ils sont seuls, tous les deux. Très amoureux d’elle, il lui dédie aussi des nombreux poèmes. Marie de Hautefort est aussi une femme fière, altière et railleuse. Elle n’a pas peur de railler Louis XIII quand ils sont en public et aime se mettre en colère. Il faut dire que le roi et la favorite bien qu’unis, forment un contraste vivant : Marie de Hautefort est spirituelle et d’une grande beauté, elle aime la vie en société et aime fréquenter les salons parisiens tandis que le roi de nature timide et réservée, préfère l’intimité. D’ailleurs lorsque Marie se met en colère, le roi aime la surnommer « la créature », tandis que lorsqu’elle est de bonne humeur, il la surnomme « l’inclination ». En tant qu’amoureux éconduit, le roi ne peut s’empêcher d’afficher, qu’il est jaloux quand il voit les autres gentilshommes de la cour faire leur cour à Marie. Le roi lui fait honneur lorsqu’elle lui envoie son carreau pour qu’elle s’asseye en présence de la reine alors que les autres demoiselles d’honneur doivent se tenir debout. Marie est une amie sincère envers la reine. Elle la soutient, la comprend et comme elle aussi, hait à fond le cardinal de Richelieu et ne supporte pas sa politique. Elle va même jusqu’à faire une imprudence en luttant contre lui. Le cardinal de Richelieu qui au début, pensait qu’il l’utiliserait pour ses fins politiques, est déçu par elle et cherche à l’éloigner de Louis XIII. Il y parvient en présentant à ce dernier, une autre jeune fille prénommée Louise-Angélique Motier de La Fayette à peine âgée de 17 ans. Mais l’amour entre Louis et Marie est plus fort, et le roi continue à voir sa favorite. Malgré cela, Marie est disgraciée pendant deux ans, de 1635 à 1637. Désormais plus libre, Marie attire sur elle d’autres regards. En 1638, elle se retrouve courtisée par le marquis de Gesvres. Le roi toujours attaché à elle, prie celui-ci de renoncer à elle. Preuve, qu’il en est encore amoureux. Le roi et Marie se réconcilient et retournent ensemble. La reine de France, Anne d’Autriche est alors enceinte. Le 5 Septembre 1638, enfin un fils naît après 23 ans de mariage du couple royal. A cette occasion, Marie espère bien que le roi donne la charge de gouvernante des enfants royaux à sa grand-mère. Mais la charge est octroyée à une autre dame de la cour, Françoise de Lansac. Marie de Hautefort devient enragée et dédaigne plus que jamais son royal amant. Pour la consoler, Louis XIII la nomme dame d’atours de la reine et lui accorde le droit de péage du pont de Neuilly. Mais Marie continue ses intrigues car le roi ne la fait pas duchesse alors qu’il le lui avait promis. Son amie de toujours, la reine Anne d’Autriche lui conseille de renouer avec le roi. Louis XIII octroie même à Marie une pension de 1200 écus.  Il faut attendre jusqu’en 1639, pour que le cardinal arrive à ses fins, en présentant à Louis XIII, un tout jeune homme du nom d’Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, âgé d’à peine dix-sept ans. Le roi se prend d’amitié pour ce jeune homme. Frustrée de voir le roi lui préférer un jeune damoiseau, Marie de Hautefort parle en mal le nouveau favori du roi. En Novembre de la même année, le roi, lassé par ses complots et intrigues, la chasse de la cour. Le roi lui écrit une lettre des plus déplaisantes : « Madame, je ne désire plus vivre avec vous comme je l’ai fait dans le passé… » Ecœurée, elle quitte la cour définitivement. La reine affligée par le départ de son amie, lui offre des boucles d’oreilles. Marie de Hautefort se retire au château de la Flotte, dans le Mans à la fin de l’année 1639. Se faisant mécène, elle protège les arts et y rencontre le célèbre poète Scarron et Jean Mairet qu’elle accueille dans sa demeure. Scarron et Marie de Hautefort se lient d’amitié et Marie devient sa protectrice. Elle lui trouve des mécènes, lui donne une pension et lui fait donner plus tard – grâce à l’amitié que lui porte Anne d’Autriche – la charge de « malade de la reine ». En 1642, le marquis de Cinq-Mars est enfin décapité pour avoir comploté contre le cardinal de Richelieu. Mais il ne faut pas attendre longtemps pour que le cardinal de Richelieu s’éteigne lui aussi en Décembre de la même année. Le 14 Mai 1643, le roi Louis XIII s’éteint à son tour et c’est son fils, Louis-Dieudonné de Bourbon qui lui succède en tant que Louis XIV.

Rappelée  par Anne d’Autriche, Marie de Hautefort arrive à la cour le 17 Mai, trois jours après la mort de Louis XIII. Anne d’Autriche est désormais régente et tient
hautefort0ai
ferme les rennes du pouvoir du royaume. La reine-mère accorde le privilège du tabouret à son amie de toujours. Mais Marie n’approuve pas la politique du nouveau cardinal de Mazarin – il a succédé au cardinal de Richelieu après sa mort survenue en 1642 – pourtant soutenu et secondé par la reine-mère. Sure de son amitié avec la reine, Marie ne se gêne pas pour se moquer ouvertement du cardinal. La reine croyant que son amie peut être désorientée, ferme d’abord les yeux croyant que ce n’est qu’une chose passagère. Marie continue de mépriser le cardinal et la reine-mère s’en lasse. Marie dépasse les bornes et fomente un complot visant à l’assassinat du cardinal. Cette fois, c’en est plus. Malgré le cardinal qui tente d’innocenter Marie, la reine-mère reste ferme et celle-ci est chassée de la cour en 1644. Elle quitte la cour pour le couvent des Filles de Sainte-Marie, qui se trouve à la rue Saint-Antoine, à Paris. quelques temps, elle pense finir ses jours au couvent mais son ami de toujours, Scarron, l’en dissuade. Jeune, belle, elle décide de se marier et ne manque pas de soupirants. En 1646, elle se marie enfin à Charles Schomberg, du d’Alluin, maréchal de France, gouverneur de Verdun et de Metz. Le couple est heureux mais n’aura pas d’enfants. Alors que la Fronde fait rage à Paris, le duc de Schomberg sert fidèlement Mazarin. Quelques années après, les époux Schomberg partent vivre à Metz, jusqu’à la mort de celui-ci, en 1656. À Metz, elle fait connaissance d’un jeune archidiacre du nom de Jacques Bénigne Bossuet, connu plus tard pour ses oraisons funèbres. Comme elle l’avait fait avec Scarron, elle se lie d’amitié aussi avec le jeune Bossuet de dix ans son cadet et se fait sa protectrice. En 1656, elle se retrouve veuve et retourne à Paris. Spirituelle, elle fréquente les salons littéraires de Paris et fait partie des précieuses du Marais. Elle se laisse surnommer Hermione. En 1661, après la mort de Mazarin, elle reparaît à la cour et se fait apprécier par le jeune Louis XIV. A son sujet, il écrit : « Je ne saurais répondre de la vertu d’aucune femme si ce n’est de la reine mon épouse et de Madame la Maréchale. » Le roi Louis XIV est un coureur de jupons et entretient beaucoup de maitresses. N’ayant été que maitresse platonique de son père, Marie reproche à Louis XIV, sa vie intime. Le 22 Janvier 1666. Anne d’Autriche meurt en confiant Marie de Hautefort à son fils, Louis XIV. D’ailleurs plus tard, celui-ci lui proposera à Marie, en 1684, la charge de devenir la dame d’honneur de la dauphine. Mais celle-ci refusera en raison de son âge avancé – 68 ans – et sa santé, préférant se retirer de la cour pour Paris. Finalement, elle s’éteint à Paris, le 1er Août 1691, à l’âge de 75 ans, bien plus avancé pour l’époque.

Rédigé en collaboration avec le site Histoire-et-Secrets.com