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Diane d’Andouins, mieux connue sous le nom de la belle Corisande, naît en 1554, dans le château d’Hagetmau. Elle est la fille unique de Paul d’Andouins, seigneur de Louvigny, baron d’Hagetmau, seigneur de Lescun, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi et sénéchal de Béarn, et de sa femme, Marguerite de Cauna. Elle se retrouve très vite orpheline de père, à l’âge de huit ans, quand celui-ci est assassiné durant les guerres de religion, lors de la prise de Rouen, en 1562. Elle est alors confiée à ses oncles : Gabriel de Béarn, Jean de Bazilhac et Étienne de Bazilhac, qui lui donnent une éducation soignée. Elle est envoyée auprès de la reine de Navarre, Jeanne d’Albret. Émancipée alors qu’elle n’est encore juste qu’une enfant, elle se retrouve fiancée, très jeune, à l’âge douze ans à Philibert de Gramont, comte de Guiche. La cérémonie des fiançailles se passe à Pau, en présence de toute la cour. Le contrat de mariage est signé par le notaire royal à Pau en 1567. Le mariage se déroule en 1568, au château de Bidache, demeure des Gramont. Philibert de Gramont et Diane d’Andouins auront deux enfants, qui sont :
  1. Antoine de Gramont, né en 1572, premier duc de Gramont
  2. Charlotte de Gramont, mariée plus tard à François Nompar de Caumont, comte de Lauzun. Par ce mariage, Diane d’Andouins devient l’arrière-grand-mère du célèbre duc de Lauzun, connu pour avoir épousé la Grande Mademoiselle, cousine germaine du roi de France, Louis XIV.

En 1576, son beau-père, Antoine de Gramont rend son âme et Philibert et Diane se retrouvent comte et comtesse de Gramont. Le mariage de Diane n’est pas du tout heureux. Son époux, trop occupé par ses affaires, est souvent absent et ne vient que très rarement la voir. Pendant l’absence de son époux, Diane d’Andouins, se réfugie dans les romans de chevalerie, tels que : Amadis de Gaule, d’où elle tire son nom de Corisande. Elle est l’amie de plusieurs écrivains tels que : Montaigne qui lui dédient plusieurs sonnets. D’une grande beauté, Diane  se fait connaître sous le nom de «la belle Corisande». Le 7 Août 1580, elle se retrouve veuve 

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de Philippe de Gramont, qui trouve la mort au cours du combat à La Fère. La jeune veuve a maintenant 26 ans et elle décide de s’installer au château d’Hagetmau, sa demeure favorite où elle reçoit Catherine de Bourbon, la sœur d’Henri de Navarre, futur Henri IV. Elles partagent d’ailleurs toutes les deux partagent le même goût pour la lecture et la littérature, et deviennent les meilleures amies du monde. D’ailleurs c’est chez cette dernière, au château de Pau, qu’elle rencontre son frère aîné, Henri III de Navarre, futur roi de France, Henri IV, en 1582. Le jeune roi de Navarre est tout de suite séduit par la beauté de la jeune comtesse et décide d’en faire aussitôt sa maîtresse. Mais leur liaison amoureuse ne commence qu’en 1583. Ils commencent à vivre alors une parfaite histoire d’amour. Henri qui ne se consolait pas du départ de la jeune Françoise de Montmorency-Fosseux, connue sous le nom de «la belle Fosseuse», trouve enfin du bonheur. Henri cherche à faire de Diane d’Andouins, sa favorite officielle, mais celle-ci refuse, le roi préfère alors la rejoindre dans son château d’Hagetmau où ils consomment leur parfait amour. Le roi de Navarre vient y séjourner souvent. Ile entretiennent une parfaite relation rien à avoir avec les précédentes petites maîtresses que le roi de Navarre avait eu jusqu’alors. La belle Corisande a une emprise totale sur son amant, elle devient petit à petit, sa meilleure amie, sa conseillère, sa confidente et sa muse. Henri lui confie ses secrets les plus personnels, chose qu’il n’avait jamais faite avec les précédentes maîtresses. Même les interminables guerres qui ont lieu, empêchent les amants de vivre encore le plus
longtemps possible leur amour. Henri est obligé de repartir à la tête de ses troupes, il ne vient très rarement qu’au château de Pau. Même si les amoureux ne sont pas si proches de l’un de l’autre, entre eux commence une longue correspondance sans fin. Henri et Diane s’écrivent des lettres presque tous les jours. Diane est sincèrement amoureuse du roi de Navarre-chose qui était très rare chez les favorites. Elle lui apporte son soutien, l’aide financièrement quand il est en guerre. Elle ira même à engager ses biens, vendre ses diamants,… pour lui. Elle va jusqu’à lui offrir une armée de 23000 Gascons, qu’elle a nourris, entraînés par son propre argent. Après la victoire de Coutras, en 1587, sur les troupes de la Ligue, c’est aux pieds de Diane,

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qu’Henri dépose le drapeau qu’il a pris à l’ennemi. Henri ira aussi même jusqu’à lui écrire une promesse en mariage, avec son propre sang de sa main. Même si Henri, connu pour son inconstance et sa grande sensibilité aux charmes féminins, la trompe avec d’autres femmes, il revient toujours vers la belle Corisande. Cette en 1587, que leur relation touche à sa fin. Le roi de Navarre s’éprend d’Esther Imbert ou Ysambert, jeune rochelaise, qui lui donne un fils, Gédéon. Ils partagent le même lit pour la dernière fois, le 11 Décembre 1587. Après, en 1588, les deux anciens amants continuent leur correspondance sans fin, puis les lettres se font de plus en plus rares jusqu’à cesser. En 1589, lors du couronnement d’Henri de Navarre, devenu Henri IV de France, elle accompagne son ancienne amie, Catherine de Bourbon, sœur du roi, à Paris pour y assister. Elle reste dans la capitale où elle rentre petit à petit, dans les bonnes grâces du roi. Elle comprend que l’amour que lui portait, autrefois, le roi, n’existe plus. En 1595, lorsqu’elle va à la cour royale pour recommander son fils, Antoine, au roi, elle se fait humilier par la favorite de celui-ci, Gabrielle d’Estrées. Au fil des années, la belle Corisande a perdu sa beauté, «elle est devenue trop grosse et son teint s’est cramoisi, elle est également devenue vieille». Comprenant que le roi ne l’aime plus comme autrefois, Diane d’Andouins se retire auprès de ses enfants à Hagetmau où elle vit paisiblement et dans le bonheur. Elle voit ses enfants se marier et aussi naître ses petits enfants. La belle Diane d’Andouins, comtesse de Gramont connue sous le nom de la belle Corisande, s’éteint à Hagetmau, en Février 1621. Elle avait presque 67 ans.

 

Cette biographie a été rédigée en collaboration avec le site Histoire-et-secrets.com