Fran_oise1Née vers 1495, Françoise de Foix est la fille de Gaston de Foix surnommé Phébus, et de Jeanne d’Aydie. Elle était parente de la reine Anne de Bretagne, du côté de sa mère, Marguerite, issue de la maison de Foix. Elle avait aussi trois frères qui se prénommaient successivement : Odet, Thomas et André. D’une grande beauté, Françoise était une fille aux cheveux noirs, au teint brun, aux yeux vers et au corps de déesse.

A l’age de onze ans, elle est élevée avec ses trois frères à la cour d’Anne de Bretagne ; qui avait pour habitude de réunir auprès d’elle ses compatriotes bretons. Son futur mari, Jean de Laval, était page puis écuyer de la reine Anne de Bretagne. La jeune Françoise connaissait les langues étrangères, faisait des vers et parlait de tout avec agrément et facilité. Sa beauté est déjà célébrée à l’époque et lorsque Françoise de Foix eut onze ans, Jean de Laval-Montfort, seigneur de Châteaubriant, qui en avait dix-neuf, tomba sous le charme et la demanda en mariage. Or, elle n’avait pas de dot. La reine Anne de Bretagne, enchantée de ce mariage entre deux bretons lui attribua une somme de 20 000 livres qui furent payés en trois ans sur les revenus du duché de Bretagne. Le mariage eut lieu dans le courant de l’année 1506.

En 1508, alors qu’elle n’a tout juste que treize ans, Françoise met au monde, une fille, Anne, qui ne vivra que treize années. Les premières années de mariage furent des années de bonheur pour ce couple heureux. Jean et Françoise s’aiment passionnellement. Ils consomment encore leur amour et restent cachés dans cette lointaine Bretagne si bien que le nom de Jean de Laval n’apparaît pas dans le cortège du couronnement de François 1er en 1515. La beauté de Françoise est même connue à la cour, on la dit belle, intelligente et très cultivée. Quand les dames d’honneur de la nouvelle reine, Claude de France, sont nommées, François 1er qui a entendu parler de la grande beauté de Mme de Chateaubriant (enfermée dans sa province et qu’il n’a jamais vue) attribue à celle-ci une place auprès de sa femme. Jean de Laval connaissait la réputation de galant homme du nouveau roi et dans un premier temps, il refusa de faire venir sa femme, ceci finit par agacer le roi, qui veut faire venir Françoise à la cour. Ne dit-il pas, qu’une cour sans dame, est ‘’une année sans printemps et un printemps sans roses’’. Brantôme raconte : "...Le roi engagea son mari à l'y amener. On prétend que le comte différa d'obéir autant qu'il lui fut possible ; qu'il avait fait faire deux bagues parfaitement semblables que, laissant, l'une à la comtesse, il lui avait défendu de quitter sa retraite, si la lettre par laquelle il la mandait n'était point accompagnée de l'autre bague, et que pour plaire au monarque, on eut l'adresse de dérober la bague à l'époux soupçonneux, par le moyen d'un domestique auquel il avait confié son secret que la comtesse arriva à la cour malgré son mari..." à la grande joie de François 1er et au grand dépit de son mari.

Françoise de Foix ne céda pas immédiatement aux attentions du roi. Après une longue résistance où elle réussit à obtenir des titres et des biens à ses trois frères (Odet de Foix vicomte de Lautrec fut nommé maréchal de France, gouverneur de Guyenne et lieutenant général en Italie, Thomas de Foix, seigneur de Lescun fut maréchal de France en 1520 et son troisième frère André de Foix, seigneur de Lesparre fut nommé lieutenant général au gouvernement de Guyenne), elle devint enfin « la mye du roi ». François 1er amateur de jolies femmes n’était guère fidèle, il semble que Françoise de Foix ne le fut pas non plus. On lui connaît deux aventures : le premier est Charles de Montpensier, connétable de Bourbon ; Brantôme raconte concernant qu'« un jour le roi voulut railler le connétable de Bourbon d’une amourette qu’il avait à la cour, et où le roi avait eu dessein et n’avait pas été si bien voulu que lui, il répondit au roi : "monsieur, ce que vous me dites ne me doit point faire dépit, mais bien à ceux qui n’ont pas été si avant aux bonnes grâces de la dame que moi". Le roi lui dit : "mon cousin, vous vous fachez de tout et êtes biens mal endurant", depuis à la cour, on appelait Bourbon le "prince mal endurant". Cette dame était Mme de Foix sœur du vicomte de Lautrec. »

Brantôme raconte aussi que Françoise de Foix aimait fort Guillaume Gouffier, l’amiral Bonnivet « fort gentil et subtil esprit, et très habile, fort bien disant et fort beau et agréable » et conte l’anecdote suivante : « un jour que les deux amants étaient ensemble, le roi arriva subitement, Bonnivet se cacha sous des feuilles qu’on mettait en été dans les cheminées, ainsi qu’est la coutume en France, le roi agit comme s’il eut été seul avec sa maîtresse, puis se trouvant pressé d’un besoin, se soulagea dans la cheminée sur le pauvre Bonnivet..."

Mais les frères de Françoise de Châteaubriant ne sont pas du tout compétents. Odet de Foix, vicomte de Lautrec devient maréchal de France, perd le Milanais en 1522, Thomas de Foix, seigneur de Lescun et André de Foix, seigneur de Lesparre sont des soldats médiocres mais courageux. Thomas de Lescun meurt à Pavie quant à André de Lesparre, il perd la vue.

Le roi, pour être encore plus seul avec sa maîtresse, envoie le comte à Nantes pour mission de percevoir l'impôt que les Bretons refusent de payer. Jean reçoit le commandement d'une compagnie d'ordonnance royale. A la cour, François Ier multiplie des fêtes et des bals en Fran_oise3l’honneur de sa maîtresse. Étant très cultivée, Françoise protège les savants, les artistes et les écrivains. Elle leur donne des pensions et des rentes chaque mois. Comme toute favorite royale, Françoise a beaucoup de partisans mais aussi d’ennemis. La reine-mère Louise de Savoie, la déteste parce qu’elle n’apprécie pas sa famille, la maison de Foix. En 1520, la comtesse a l’honneur d’être remarquée par le roi d’Angleterre, Henri VIII, à l'entrevue du Drap d'or. En 1525, le roi de France est fait prisonnier à Pavie, Espagne, alors qu’il se battait avec l’empereur d’Espagne, Charles Quint. Françoise, toute seule à la cour, est confrontée à la haine de la reine-mère Louise de Savoie. Elle part pour la Bretagne. Une année plus tard, en 1526, alors que la cour est à Bayonne, François Ier est étonné de ne pas voir a favorite, présente au cours de la cérémonie. En revanche, c’est une jeune fille de 18 ans, Anne de Pisseleu. Blonde et très belle, elle séduit le roi. Anne se retrouve très vite, maîtresse déclarée du roi. Mais c’est sans compter avec Françoise. Mortifiée, Françoise de Foix ne se résigne pourtant pas à laisser la place à la nouvelle favorite :

Puisque changez le privé pour l’échange
Avecque vous plus ne serai privée,
Car vous m’avez de votre amour privé,
En me laissant, pour tôt aller au change…

Et elle renchérit sur la couleur de peau de la nouvelle favorite (le teint blanc étant réputé glacial, le teint brun, le sien, chaud et durable) :

Or qui est froid est contraire à la nature
Doncques blancheur nous est fort bien contraire
J’en parle trop mais je ne m’en puis taire,
Car j’ai bon droit et si suis toute sûre
En connaissant que de moi n’avez cure,
Que pour le moins, si je ne vous puis plaire,
Si aimez vous de celle qui est noire
Le propre nom, et faut que je l’endure !

Ce que le roi ne supporte pas. Françoise luttera encore deux ans. Supportant de moins en moins la situation, la comtesse de Châteaubriant se voit reléguée au second plan. En 1528, elle retourne dans sa Bretagne natale. Un jour pour plaire à sa nouvelle maîtresse, Anne de Pisseleu, François s'abaisse à réclamer à Françoise les bijoux qu'il lui avait offerts. Brantôme donne des détails sur cet incident. Le roi ayant fait demander à madame de Chateaubriant les joyaux qu'il lui avait donnés, et sur lesquels on avait gravé des devises amoureuses composées par la reine de Navarre, la comtesse eut le temps de les faire fondre, et, s'adressant ensuite au gentilhomme chargé des ordres de François Ier, elle lui dit : « Portez cela au roi, et dites-lui que, puisqu'il lui a plu me révoquer ce qu'il m'avait donné si libéralement, je le lui rends et je le lui renvoie en lingots d'or. Quant aux devises, je les ai si bien empreintes et colloquées en ma pensée, et les y tiens si chères, que je n'ai pu souffrir que personne en disposât, en jouît, et en eût du plaisir que moi-même. »

Après sa disgrâce, la comtesse de Châteaubriant retourne auprès de son époux. Ce dernier fut nommé chevalier de l’ordre en 1531 puis gouverneur et lieutenant général pour le roi en Bretagne. En 1532, Jean de Laval préside les Etats de Bretagne ; c'est vers cette époque qu'elle revoit pour la dernière fois son ancien amant venu s'entretenir avec son époux au sujet de la Bretagne. Brantôme nous indique que Françoise de Foix était à Marseille lors de la présentation du pape Clément VII à Françoise 1er. Le 22 octobre 1535, Françoise de Foix assiste à Chateaubriant au mariage de sa nièce Claude de Foix (fille de son frère décédé Odet de Foix) avec le jeune Claude comte de Laval.

Elle meurt deux ans plus tard, le 16 octobre 1537 à l’âge de quarante-deux ans. Son décès est si soudain que l’on penche pour un assassinat : son époux lui aurait fait payer son infidélité en l’empoisonnant ou en l’étranglant. Après sa mort, son époux lui fait construire un magnifique tombeau avec un épitaphe de Marot, dont la comtesse était l'ancienne protectrice durant sa faveur royale. Il est gravé dans l’église de la Trinité au couvent des Mathurins au dessus d’un écusson partie aux armes de Chateaubriant, Foix, Béarn et Bigorre : 

Sous ce tombeau git Françoise de Foix
De qui tout bien tout chacun pouvait dire
Et le disant oncques une seule voix
Ne s’avança d’y vouloir contredire,
De grand beauté, de grace, qui attire,
De bon savoir, d’intelligence prompte,
De biens, d’honneurs, et mieux que ne racompte
Dieu éternel richement l’étoffa
O visiteur pour t’abréger le compte
ci-git un rien, là où tout triompha

Pourtant lorsque son mari mourra, il refusera de se faire inhumer près de sa femme et choisira de reposer en l’église de Saint-Nicolas de Châteaubriant.

Cette biographie a été rédigée en collaboration avec le site Histoire-et-secrets.com