Marie_GaudinMarie Gaudin, fille de Victor Gaudin, maire de Tours et dAgnès Morrin, dame des Ralluères née en 1490 ou en 1495. Elle est mariée le 28 avril 1510, à Tours, avec Philibert Babou, seigneur de Givray (1484-1557), dont plusieurs enfants : cinq fils ; Jean (1511-1569), Jacques (1512-1532), Philibert (1513-1560), Léonor (1515-1558), François (1518-ap.1539) ; et trois filles ; Claude (1517-1597), Marie (1524-ap.1556), Antoinette (1530-ap.1563). Ces dernières furent respectivement les maitresses de François Ier. Réputée être la plus belle femme de son temps, Marie Gaudin devient très vite première maîtresse du roi François 1er, qualité qui vaut à son mari Philibert de multiples charges et honneurs tels que chevalier, trésorier surintendant des finances, maître d’hôtel du roi. Cela lui permettra de réaliser vers 1520 un ravissant château en pierres blanches et dès lors, la Bourdaisière devient lieu de villégiature pour François 1er lors de ses passages en Touraine. Le couple aura d’excellentes relations avec les Médicis. Quelques dames de la cour avaient eu la permission de venir à Bologne pendant l’entrevue des deux souverains François 1er et le Pape Léon X, et entre autres il y avait une des maîtresses du Roi, et c’était Marie Gaudin, qui était d’une beauté remarquable. Il paraitrait que cette dame avait fixé l’attention de sa Sainteté, et que par un accord entre François 1er et Léon X, elle avait répondu à la passion du Pape, qui lui donna, comme souvenir, une bague de grand prix, qui fut précieusement gardée dans la maison de Sourdis, avec la dénomination de « diamant Gaudin ».
Parmi les enfants que Marie Gaudin eut de Philibert Babou, deux restent les plus célèbres : Jean, né en 1511, seigneur de la Bourdaisière et de Thuisseau, baron de Sagonne et de Voilhon, chevalier de l’Ordre du Roi, échanson du roi et de la reine de Navarre, gouverneur et bailli de Gien en 1529, maître de la garde-robe de François le Dauphin, fils aîné du roi François 1er et ensuite du roi Henri II et de son fils François II,… qui mourut le 11 Octobre 1769, et Philibert, né en 1513, évêque d’Angoulême, et d’Auxerre, depuis cardinal, ambassadeur de France à Rome où il est mort subitement le 17 janvier 1570.
Le tombeau de Philibert Babou, aujourd’hui transféré dans l’église Saint-Florentin d’Amboise, est un sarcophage en terre cuite ouvert sur le devant. La figure du divin Sauveur est, modelée sur celle de Philibert Babou, est couchée, nue sur le linceul dans lequel Joseph d’Arimathie, Nicodème et Saint-Jean sont occupés à l’ensevelir. Ces trois saints personnages offrent, dit-on, les portraits de François 1er et des deux fils Babou, l’un évêque d’Angoulême et l’autre doyen de Saint-Martin de Tours. Dans le fond, la Sainte Vierge, sous les traits de Marie Gaudin, femme du seigneur de la Bourdaisière, contemple d’un œil en pleurs ces funèbres préparatifs, entourée de trois saintes femmes qui ne sont autres que ses trois filles (…) La présence de l’effigie de François 1er s’exprime autrement que par la reconnaissance : Marie Gaudin et ses trois filles avaient successivement partagé les bonnes grâces de ce prince.
En 1520, Marie Gaudin apporta à son époux le château de Jallanges qui s’en sépara en 1522. Outre le roi de France et le Pape Léon X, Marie Gaudin fut la maitresse du cousin de ce dernier, le Pape Clément VII ainsi que l’empereur germanique Charles Quint. Voilà ce qu'en dit Tallemant de Réaux : "on dit qu'une Mme de la Bourdaisière se vantait d'avoir couché avec le pape Clément VII à Nice, avec l'empereur Charles Quint quand il passa en France et avec François 1er". En 1528, Louise de Savoie lui confirme le don des terres de Breuilles et de Lailly. En 1532, elle devient la dame d'honneur de la deuxième épouse de son ancien amant, Eléonore d'Autriche. Elle exercera cette charge pendant dix ans. En 1559, elle comparait pour la réformation de la Coutume de Touraine. Dix-neuf ans après, le 19 juillet 1578, elle acquiert d'Antoine Bohier, la terre du Coudray. Elle meurt deux ans plus tard en 1580, âgée entre 85 et 90 ans. Son fils, Jean Babou, devenu baron de Sagonne en 1542, avait épousé par contrat passé à Blois le 6 décembre 1539, une dame d’honneur de Catherine de Médicis, Françoise, fille du puissant ministre Florimond Robertet. De cette union naquirent 15 enfants qui sont Georges de la Bourdaisière (1540-1607), Jean de Sagonne (1541-1589), Marie de Saint-Aignan (1544-1582), Philibert (1545-1570), Fabrice (1547-1570), Magdeleine d’Ervault (1548-1577), Isabeau de Sourdis (1551-1625), Michelle (1553-1584), Jean (1554-?), Claude de Riau (1555-?), Antoinette (1560-1580), Diane de Montmoiron (1563-1633), Magdeleine (1561-1605) et Anne (1552-1613), abbesses, sans oublier Françoise (1542-1593), épouse d’Antoine d’Estrées et qui est la mère de Gabrielle d’Estrées, célèbre maitresse d’Henri IV. De par ce fait, Marie Gaudin est l’arrière-grand-mère de la belle Gabrielle.