Marie de Breuillet fût la fille de Renaud de Breuillet de Dourdan, petit seigneur de province. Elle était née vers la même époque que le roi de France, Louis VI. On sait très peu de choses sur Marie, sinon qu'elle demeura à la cour comme fille de Renaud, qui s'occupait alors des chevaux des écuries royales. Sa mère était une certaine Anne de Dourdan, probablement cousine de son époux ; on ne connait pas à Marie de frères ou de soeurs. En tout cas, le futur Louis le Gros la remarqua. De physique assez ingrate, le Roi n'attirait pas forcément les femmes et ses conquêtes furent réduites. Les seules qui voulaient partager sa couche étaient des ambitieuses soucieuses de leur avenir, mais il sembla que Louis aima follement Marie. Celle-ci, douce et timide, aimait bien le jeune homme et ses parents la poussaient délibérément dans le lit royal dans l'espoir de s'enrichir. Elle céda vers l'an 1100. Pas très belle, elle avait toutefois du charme, une candeur naïve irrésistibles. Elle céda d'autant mieux que les yeux du monde entier étaient tournés vers Philippe VI de France et Bertrade de Montfort, bravant la papauté pour sauver leur amour. Marie put vivre assez calmement sa liaison.

Toutefois, la jeune femme tomba enceinte et accoucha, en 1101, d'une fille, Isabelle de Liancourt-Saint-Pierre, qui vécut jusqu'en 1175 et qui épousa Guillaume Ier de Chaumont (en Vexin). Dès lors, plus personne n'ignorait le secret du jeune couple. Par ailleurs on laissait faire : ni l'un, ni l'autre n'étant mariés, leur relation ne prêtait pas à conséquence, et pour l'heure la priorité était de contrer Philippe VI et sa maitresse-femme, Bertrade de Montfort, comtesse d'Anjou. On verrait après ! Toutefois, Marie crut mourir de honte de voir chacun connaitre son secret. Elle tenta de vivre avec, puisque son amant s'était opposé à ce qu'elle se retire de la cour et de son lit. Mais en 1104, Louis, voyant que sa belle-mère renonçait à sa liaison publique, décida qu'il était temps de renoncer à sa maitresse et la laissa partir, soulagés tous les deux. Marie se retira dans un couvent parisien et laissa sa fille Isabelle à la cour. Louis, lui, respira d'autant mieux qu'il venait d'arranger ses fiançailles avec Lucienne de Rochefort. Le mariage ne devait jamais être consommé et Louis la répudia ; la demoiselle s'en retourna bien contente épouser son plus tendre prétendant, en 1107. Peut-être que Lucienne trompait Louis pour que le pape décida de casser leur mariage. En tout cas il épousa Adélaïde de Savoie en 1115. Il est difficile de croire que durant les huit ans qui séparèrent les deux unions le Roi ne prit pas de maitresse mais aucune chronique de l'époque ne laisse un autre nom que celui de Marie. Marie mourut à Orléans probablement en 1119 âgée environ de trente-cinq ans.