76843807_oNée à Montdidier vers 545, on ne sait rien sur ses origines, mais on pense qu’elles étaient basses. Elle devint vers 560, servante ou lite de la reine Audovère (†580), première épouse de Chilpéric Ier (539-584), roi de Neustrie et s’employa à tout pour faire perdre cette dernière. D’une grande beauté, elle se fit remarquer le roi et devint sa maîtresse. En 564, alors que Chilpéric était en guerre contre les Saxons, la reine Audovère accoucha de son quatrième enfant, une fille que l’on prénomma Childesinthe. Pendant le baptême, Frédégonde saisit l’occasion pour faire perdre la reine en lui conseillant de tenir elle-même, sa fille sur les fonts baptismaux. Hors cela créait des liens fraternels entre les parents et donc leur mariage devenait un inceste. Alors Audovère dans toute son innocence, accepta. Peu après, elle fut répudiée et partit pour le couvent de Mans pour y finir ses jours. Frédégonde vécut comme une reine en titre jusqu’au jour où l’on apprit le mariage de Sigebert et de Brunehaut. Chilpéric se vit dans l’obligation de se trouver une épouse digne de lui. Il se maria avec Galswinthe, sœur ainée de Brunehaut. Celle-ci à peine mariée, ne tarda pas à déchanter si bien qu'elle demanda à son époux l'autorisation de retourner en Espagne. Quelques mois après dans le plus grand mystère, la nouvelle reine est assassinée probablement sous l’instigation de Frédégonde qui aurait poussé Chilpéric à le faire. C’est à partir de ce moment que commença l’interminable guerre entre la Neustrie et l’Austrasie qui allait durer plus de quarante ans. Brunehaut voulant venger la mort de sa sœur, poussa Sigebert à entrer en guerre contre son frère, Chilpéric. Mais pour éviter toute guerre, il fut signé que Chilpéric doit donner comme dédommagements, cinq provinces qu’il avait données à Galswinthe à titre de douaire : Bordeaux, Béarn, Cahors, Limoges et Bigorre. Ces provinces devaient appartenir à présent à Brunehaut et à ses descendants. Cinq ans après, Chilpéric entra encore en guerre avec Sigebert, mais celui-ci trop clément envers son frère, signa un traité de paix. Brunehaut blâma l’indulgence de son époux envers son frère et jugea que celui-ci et son épouse devaient payer pour le crime qu’ils ont commis. En 575, la Neustrie attaqua encore l’Austrasie. Les armées Austrasiennes battirent celles de Neustrie. Chilpéric et Frédégonde se retrouvèrent assiégés à Tournai. Pendant que Chilpéric priait pour son Salut, Frédégonde concevait un plan pour qu’ils soient libérés. Alors qu’elle était entrain de se promener dans ce vaste palais de la cité où elle et Chilpéric étaient retenus prisonniers, Frédégonde s’aperçut au loin deux hommes qui étaient totalement dévouées à Chilpéric. Elle les appela et leur donna deux scramasaxes empoisonnés et leur ordonna d’aller tuer Sigebert. Quand ils arrivèrent à Vitry sur la Scarpe, là où Sigebert était entrain d’être proclamé roi de Neustrie, ils s’annoncèrent comme deux seigneurs neustriens désirant de rendre hommage à leur nouveau roi. Sigebert les accueillit non seulement sans défiance mais se pencha aussi pour leur demander leurs noms. Ils saisirent l’occasion et le frappèrent tous deux à la fois. Sigebert mourut à quelques instants. Sigebert mort, Chilpéric retourna à Paris et fit exiler Brunehaut à Rouen.

LES MEURTRES COMMIS PAR FRÉDÉGONDE :

Après le meurtre de Sigebert, la colère de Frédégonde se retourna contre les fils de Chilpéric qu’il avait eus d’avec sa première femme Audovère. Mérovée76843916_o (qui se maria avec la veuve de Sigebert) et Clovis, qu’elle fera assassiner. Sans oublier l’évêque Prétextat de Rouen (parrain de Mérovée et qui avait bénit son union avec Brunehaut), qu’elle viendra même visiter sur son lit de mort. Celui-ci, outragé par son attitude, la maudit et lui dit que dans tous les siècles, elle sera l’objet d’exécration. Elle fit tuer aussi la première épouse de Chilpéric, Audovère, en 580 et ses sicaires violèrent la fille de celle-ci qui fut enfermée dans un couvent afin qu'elle ne soit pas mariée. En 584, Frédégonde fait assassiner son mari, Chilpéric, à Chelles, par l’un de ses amants, Landry, alors qu’il revenait de la chasse. En 589, elle tenta aussi d’assassiner sa fille Rigonte : celle-ci était pressentie pour se marier avec Recarède, fils aîné de Léovigild, roi des Wisigoths. Alors qu'elle était en chemin vers l'Espagne, elle apprit la mort de son père et alors quelques uns des soldats chargés de l'escorter prirent une grande partie de l'immense dot de la jeune fille. Alors que le reste du cortège procédait à Toulouse, le duc Didier de Toulouse — lié à la conspiration de Gondovald, supposé bâtard de Clotaire Ier qui prétendait à la couronne mérovingienne — s'empara du reste de la dot de Rigonte empêchant ainsi son mariage avec le roi d'Espagne. La jeune fille fut remise à sa mère en 585. À la cour, Rigonte menait une vie de débauche ; elle se disputait jour et nuit avec sa mère du fait de n’avoir jamais pu hériter un seul trésor de son père. Un jour, Frédégonde l’invita à se servir de l’or qui était dans un grand coffre. À peine Rigonte se pencha-t-elle pour se servir de l’or que Frédégonde lui jeta dessus le lourd couvercle du coffre qui faillit la tuer. Mais les serviteurs alertés par les cris, coururent à temps pour la sauver.

LA FIN DE SA VIE :

76844122_oAprès la mort de Chilpéric, Frédégonde se retrouva seule avec son enfant qui était encore très jeune, le futur Clotaire. Elle exerça la régence au nom de son fils qui était âgé de seulement de quatre mois. Les leudes ne le reconnurent pas comme étant l’enfant de Chilpéric du fait de la conduite lubrique de sa mère. Frédégonde fit appel à son beau-frère Gontran (qu’elle tenta aussi de faire assassiner) pour qu’il lui vienne en aide. Celui-ci fit connaître le jeune Clotaire comme étant le fils de Chilpéric et Frédégonde. Gontran finit par se rallier à Childebert II (fils de Brunehaut), qu’il nomma héritier de son royaume. En 592, Gontran meurt à l’âge de 67 ans. Childebert hérita de son royaume. Gontran mort, Frédégonde resta sans défense. L’armée Austrasienne attaqua encore la Neustrie mais fût défaite à plusieurs reprises. Les dernières années du règne de Frédégonde furent des années de victoire sur l’Austrasie. Le 8 décembre 597, à l’âge d’environ 52 ans, Frédégonde mourut à Paris. Elle était parvenue à garder jusqu’à cet âge toute sa grâce et sa beauté. Elle fut inhumée à l’église de Saint-Vincent, future église de Saint-Germain-des-Prés. Elle garda jusqu’à cet âge une haine démesurée pour la reine Brunehaut d’Austrasie qu’elle n’était jamais parvenue à tuer et regretta de ne jamais l’avoir fait. C’est son fils qui se chargea de ça seize ans plus tard en 613.

Frédégonde et Chilpéric eurent six enfants qui sont :

- Rigonte (569 †après 589), qu’elle tenta d’assassiner
- Clodebert (v. 575 †v. 580), mort de dysenterie
- Samson (v. 573 †577), mort de dysenterie
- Dagobert (578 †v. 580), mort de dysenterie
- Thierry (582 †584), mort de dysenterie
- Clotaire II (584 †629), roi des Francs. Il réunit tous les royaumes francs après la mort de Brunehaut, qu’il avait lui-même assassinée.